137 corps ont été retrouvés juste après l’attaque du camp de déplacés Wê de Nahibly (Duékoué), le 20 juillet dernier. Des dozos, une milice armée pro-Ouattara, ont tenté de faire disparaître plusieurs autres corps de victimes. C’est le mensuel français Le Monde diplomatique qui fait ces révélations dans sa dernière édition de septembre 2012 en citant des sources humanitaires présentes dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. « Malgré les promesses du président Ouattara, la tuerie de mars 2011 n’a donné lieu à aucune poursuite judiciaire. Pis, elle a vraisemblablement été le moteur d’un nouveau drame, le 20 juillet : des centaines d’individus, parmi lesquels des dozos et des Frci, ont attaqué et détruit un camp de déplacés du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr), près de Duékoué. En toute impunité. Des sources humanitaires parlent de cent trente-sept cadavres retrouvés dans les jours qui ont suivi; des dozos ont également cherché à faire disparaître de nombreux corps », écrit le journal français. Qui indique notamment que plusieurs indices laissent penser que cette attaque avait été planifiée de longue date. Il reprend en cela, sous couvert d’anonymat, un spécialiste de la région : «Le camp était gênant, car des témoins du massacre de mars 2011 s’y trouvaient. Aujourd’hui, ils sont morts ou dispersés. C’est ce que voulaient ceux qui ont organisé l’opération ».
Ces révélations battent totalement en brèche tous les discours du gouvernement Ouattara et de l’Onuci qui, jusque-là, s’arc-boutent sur le chiffre de 7 morts quand plusieurs autres sources annoncent quelque 213 morts dans cette attaque du camp du Haut-commissariat pour les réfugiés (Hcr) de Nahibly qui abritait plus de 5.000 autochtones Wê. Qui avaient fui leurs villages après les massacres des populations Wê lors de la prise de Duékoué en mars 2011 par les Frci, l’armée créée par Alassane Ouattara. Mais en même temps, avec cette découverte des 137 cadavres, on comprend de mieux en mieux pourquoi les Casques bleus n’ont pas empêché les assaillants, parmi lesquels des éléments des Frci et des dozos, d’attaquer le camp de Nahibly. Parce qu’à bien y regarder, ni le clan Ouattara ni l’Onuci n’avaient intérêt à ce que le vrai chiffre soit connu de l’opinion publique. Le chiffre de 213 victimes avancé par des sources présentes dans l’ouest du pays est gênant pour le gouvernement Ouattara et pour l’Onuci. Pour de nombreux observateurs, s’il n’y avait aucune collusion entre le gouvernement Ouattara et l’Onuci, il y a longtemps que l’organisation onusienne aurait livré les conclusions de ses enquêtes sur les massacres des déplacés Wê de Nahibly. Le Monde diplomatique ne s’est pas tu sur les raisons profondes du génocide Wê qui a cours depuis la rébellion armée du 19 septembre 2002.L’inquiétant imbroglio politico-militaire qui se joue à l’Ouest de la Côte d’Ivoire, selon le journal français, a pour seul enjeu le contrôle des ressources naturelles. Ses sols, extrêmement fertiles où poussent, sans gros efforts, le café, cacao et l’hévéa. Et qui explique la colonisation du Far West ivoirien… à coups de kalachnikovs.
Robert Krassault in NOTRE VOIE
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