« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Arts et Culture

Unartci / Affaire ‘’accusé d’avoir détourné 20 millions de FCFA’’ : Les dessous de la plainte contre Ken Adamo

«Pour la tournée de réconciliation, les artistes venus de l’Europe se sont taillés la part du lion. Nous avons en quelque sorte fait une sous-traitance dans leur demande qui a été agréée par l’Etat et nous n’avons eu que vingt (20) millions FCFA. Le bureau exécutif de l’Unartci ayant pris connaissance de cette information, s’est réuni et a décidé de revoir à la hausse ce montant parce qu’il était insignifiant. Pour le grand nombre que nous sommes, le artistes locaux, il fallait que le ministre de la Culture ou l’Unartci argumente ce montant. Au cours d’une réunion, nous nous sommes donnés deux à trois jours pour conclure et aller ensemble voir Vodoo et le ministère pour qu’on puisse augmenter l’assiette qui nous concernait – au lieu de vingt millions FCFA. C’est tout ce que nous avons convenu avec le président (Ndlr ; Ken Adamo) et nous avons arrêté une date pour qu’on parte tous là-bas ».

Le début du problème

«A la date indiquée, le président Ken Adamo s’est rendu seul sur les lieux. On ne sait pas quel accord il a passé et il a endossé, mains en mains, les vingt millions FCFA sans qu’il y ait de traces dans le livre comptable de l’Unartci et le compte bancaire de l’Unartci logé à la Bni. Voici où commence le problème. En ma qualité de trésorier, j’ai le droit de valider les entrées et les décaissements de tout ce qui rentre pour le compte de l’Unartci. Ken Adamo a trouvé que j’en faisais trop quand j’ai commencé à lui poser ces questions. Il m’a répondu qu’il n’a de compte à rendre qu’au ministre, pas à moi. Car c’est le ministre qui l’a envoyé en mission. Je lui ai rétorqué que le ministre n’est pas l’organisateur de la caravane pour la réconciliation nationale. Ayant une trésorerie, nous devions avoir un plan de validation des dépenses. A la question de savoir comment les artistes seraient rémunérés, Ken a répondu que c’était géré. Sur le terrain, en ma qualité de trésorier, je ne savais pas combien il dépensait.

Le commissaire aux comptes, Johnny Lafleur, était sur les lieux en tant qu’artiste, il n’avait pas un droit de regard au même titre que moi. Au retour (Ndlr ; Abidjan), nous avons appris des uns et des autres que l’argent qui avait été promis pour chaque artiste, pour chaque prestation et dans chaque ville, n’a pas été ce qu’ils ont reçu. Certains ont reçu 35.000 FCFA quand d’autres ont reçu 50.000 FCFA, etc. Nous n’avons pas apprécié cela. Les livres comptables de l’Unartci ne mentionnent nulle part que l’union a reçu 20 millions FCFA pour cette organisation. En ma qualité de trésorier général, ce sont des choses auxquelles je dois veiller parce qu’à l’Assemblée générale, il y a un bilan moral et financier. C’est un acte citoyen et l’Unartci est une association. Trouvant que j’en faisais trop, il a émis une demande auprès de la Bni, leur disant que je ne suis plus signataire des comptes de l’Unartci. En lieu et place, ce sont Akissi Delta (trésorière générale) et Chérine (Mlle Aka Bissié Opportune – trésorière générale adjointe) qu’il nommait. Ayant introduit cette demande auprès de la Bni, la banque me l’a signifiée, puisque nous sommes les deux signataires. La Bni a demandé à Ken de joindre à ce document un procès verbal de l’Assemblée stipulant que je ne suis plus signataire. Il en a été incapable.

Puisqu’il me conteste mon titre, c’est comme si je l’avais usurpé et fait du faux pour me donner cette qualité de trésorier général. Donc, pour ce qu’il a dit que je ne suis pas, le même document je l’ai brandit à l’autorité pour justifier. Jusqu’à ce que je ne sois plus pour Ken trésorier général de l’Unartci, je maintiens que cet argent a été détourné. Il n’a pas été déposé sur le compte de l’Unartci. Les dépenses n’ont pas été certifiées par les commissaires aux comptes. Quand le problème s’est posé et que je suis venu porter plainte, il a été invité à la police pour l’entendre sur ces faits, il n’a pas répondu à deux convocations. Le sachant Boudhoux et Don Mike Legourou (commissaire aux comptes) ont répondu à la convocation. Que veut cacher Ken Adamo ? Nous sommes à la poursuite de la vérité, il faut qu’elle éclate».

Propos recueillis par Koné S. in L’Intelligent d’Abidjan

Sat, 19 Jan 2013 03:58:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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