« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Contributions

Vérité choquante sur le chômage en Côte d’Ivoire que Ouattara veut cacher aux Ivoiriens

Les médias proche de Ouattara ne nous dise pas la vérité sur le chômage en Cote d’Ivoire Le pourcentage d’Ivoiriens en âge de travailler augmente tous les jours. En Juin 2011, 25% pour cent de la population contre 60% en 2012 était sans emplois et la jeunesse Ivoirienne représentait 85%.
La jeunesse Ivoirienne en âge de travailler et qui avait un emploi représentait 15% pour cent de tous les Ivoiriens en âge de travailler, alors comment la presse de Ouattara peut-il prétendre que les choses sont devenues beaucoup mieux depuis qu’il est au pouvoir.
Selon INS, le taux de chômage officiel as était de 18% pour cent en Mars 2010 et il a augmente à 60% pourcent en Mars 2012. Alors, comment est-il possible que le Président Ouattara n, a pas le nombre exacte des jeunes sans emplois pourtant pendant la campagne électorale il a promis créé un million d’emplois en 5 ans soit 200 milles emplois par an. Bien sûr, cela est une farce totale. Mais la vérité est que la crise du chômage en Cote d’Ivoire ne s’est pas calmée. En fait, nous sommes à une situation ou les choses sont devenues beaucoup pire.
Alors que les pays développés se confrontent aux problèmes du chômage, dans certains pays ce fléau est devenu une constante de la situation économique. C’est le cas par exemple de la Cote d’Ivoire où le taux de chômage est estimé à plus de 60% (bien que les autorités le considèrent légèrement en dessous de cette barre). Ce chômage peut-il baisser ?
Si cette situation perdure depuis des décennies, il n’en a jamais été toujours le cas dans l’histoire de ce pays. En effet, dans les années 80, il n’était pas aussi élevé qu’aujourd’hui. Il était par exemple de 12% en 1984. Les choses se sont dégradés avec le temps à la suite notamment des mauvais choix politiques des autorités du pays.
J’ai entrepris récemment une étude sur l’application de la loi d’Okun en Cote d’ivoire. En langage moins technique : J’ai essayé de savoir si la croissance économique avait un impact sur la réduction du chômage en Cote d’ivoire. Chaque hausse d’un point de pourcentage du taux de chômage correspond à un ralentissement de 0.325% dans la variation de PIB réel autour de sa tendance. Cela signifie que le taux de croissance doit croître plus vite que celui du taux de chômage, et à des taux très élevés pour espérer réduire significativement ce taux de chômage.
Mais il ne suffit pas seulement d’avoir des taux de croissance à deux chiffres, encore faut-il que cette croissance soit riche en emplois. Le président Ouattara doit réformer la structure de l’économie notamment en multipliant le nombre d’emplois. Il ne s’agit pas ici de créer des emplois « à coups de baguette magique » mais de libérer le potentiel d’emploi de l’économie ivoirienne, notamment en éliminant sa politique de ‘’rattrapage et en réduisant la corruption, les démarches et la bureaucratie inutile et coûteuse qui entourent la création d’une entreprise en Cote d’Ivoire. Or, ce sont les entreprises qui créent des emplois et résorbent le chômage. Quand elles sont nombreuses et offrent des emplois, moins de gens sont au chômage. Malheureusement, l’environnement n’est pas sécurisé et les barrières à la création d’entreprises sont si élevées en Cote d’Ivoire que les entreprises ne se créent pas. Et, par répercussion, l’emploi non plus : c’est le chômage garanti, et la pauvreté qui va avec.
Il faut orienter les composantes majeures de la structure de la production nationale. Celle-ci devant être portée notamment par des secteurs à forte intensité en main-d’œuvre. Les entreprises nécessitant une main d’œuvre peu onéruese sont un exemple, mais on revient au premier problème : faciliter la création d’entreprises. Autre secteur : l’agriculture. Pendant que cette dernière occupait une place importante dans les composantes de la production nationale ivoirienne, le chômage n’avait jamais atteint le sommet que nous déplorons aujourd’hui : l’agriculture occupait un grand nombre d’ivoiriens. Le secteur minier, dans le simple exercice d’extraction des mines, n’a jamais été un véritable grenier des emplois.
le secteur minier n’a pas créé un si grand nombre d’emplois. Mais pour que l’investissement et l’entrepreneuriat se dirigent vers l’agriculture, il faut une réforme du foncier rural pour une définition et une clarification des droits de propriété : qui investirait sur une terre à laquelle est attachée une propriété vague et incertaine ? Ici encore les incitations sont catastrophiques. Les rentes immenses des ressources naturelles du pays doivent donc être mises à contribution pour financer cette infrastructure « institutionnelle ». Avec des droits de propriété clairs et précis, mais qui respectent les droits coutumiers (car il ne s’agit pas de retirer la terre aux populations locales pour la vendre à des étrangers), les incitations à développer le secteur agricole seront enfin là.
Le chômage rend la vie de la population ivoirienne très difficile, dans un pays où le pouvoir d’achat est déjà très faible et relativement instable. Cette situation paraît d’autant plus paradoxale et scandaleuse que le sous-sol du pays est d’une exceptionnelle richesse. Le fléau du chômage devrait constituer la priorité du gouvernement du président Ouattara, sinon cette population va continuer à être un des plus « malheureuse » au monde (l’indice du malheur étant mesuré ici par la sommation du taux d’inflation et du taux de chômage), mais aussi une des plus pauvres. La réduction de chômage relèvera sans doute d’un travail difficile, mais n’est pas une bataille perdue d’avance pour peu que l’on pose les bonnes conditions institutionnelles à la création d’entreprise et à la protection des droits de propriété. La réforme des institutions formelles est une question de volonté politique que le président Ouattara doit affronter pour améliorer la croissance et réduire le taux de chômage.

Nash Kpokou, Ph.D
Economist & International Business

Tue, 19 Jun 2012 03:04:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

4 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.