« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Visite d’Etat dans le Nord: Ces promesses qui rattrapent Ouattara

Un homme politique est jugé sur sa parole. Il tire sa crédibilité du respect de ses engagements et non de ses éternelles promesses sans suite. La campagne électorale pour la présidentielle de 2010 a été une belle occasion pour Alassane Ouattara de promettre monts et merveilles. Partout où il est passé, il a arrosé les populations et les départements de promesses de milliards et de grands travaux. A Boundiali et Ferké où il a fait campagne en 2010, il s’est présenté en messie, en sauveur des populations s’il était élu. «Donnez-moi ma chance ! Donnez-moi cinq ans pour vous démontrer que tous les hommes politiques ne sont pas pareils. Donnez-moi cinq ans pour vous démontrer que je tiendrai mes promesses. Donnez-moi cinq ans pour ramener la Côte d’Ivoire à la prospérité», a déclaré Alassane Ouattara à Ferké. (Voir le quotidien Nord Sud du 27 août 2010). Le même journal rapporte ses propos tenus dans cette ville lors de la même visite. «J’ai conçu un programme pour que la Côte d’Ivoire retrouve sa dignité. Ce programme prévoit un investissement de 155 milliards FCfa pour Ferké en cinq ans».
On le voit, ce quotidien qui lui est très proche rapporte sa promesse de 155 milliards au département de Ferké. Depuis avril 2011, il est au pouvoir. Le temps est donc à savoir si Ferké a déjà bénéficié d’une partie de ces 155 milliards. Ce n’est pas sûr. Le même Ouattara se retrouve en ce moment dans cette partie de la Côte d’Ivoire. Il devrait avoir courage de faire un bilan à mi-parcours des promesses faites à Ferké sur lesquelles il joue toute sa crédibilité. Il irresponsable de sortir encore de nouvelles promesses en oubliant celles de 2010 qui attendent d’être concrétisées.

Les hôpitaux attendent les médicaments, Boundiali ses 108 milliards

A Boundiali, il s’est montré très en verve. «Je n’appartiens à aucune ethnie. Je suis pour la Côte d’Ivoire», déclare-t-il. (Voir le quotidien Le Patriote du Rdr du 8 octobre 2010). Dans les faits, est-ce que Ouattara se met effectivement au-dessus des ethnies ? Non, car sa politique de rattrapage qui consiste à faire la part belle au Nord est en porte-à-faux avec son discours de campagne. «La Côte d’Ivoire fait pitié. J’ai parcouru le pays. Partout où je suis allé, la situation est la même. Des écoles sans toits, des enfants obligés de s’asseoir à même le sol. Pas d’eau potable, pas de médicaments dans les hôpitaux, pas de routes», dénonçait-il. Est-ce qu’aujourd’hui les hôpitaux sont inondés de médicaments ? Tous les malades ont-ils à leur portée les médicaments dans les hôpitaux partout en Côte d’Ivoire ? Les écoles ont-elles fière allure sous Ouattara ? Les Ivoiriens ont-ils de l’eau potable ? Les routes sont-elles toutes bitumées ou tout au moins praticables ? Ce sont les Ivoiriens dans leur diversité qui doivent répondre si effectivement Ouattara a apporté le changement qualitatif promis.
A Boundiali, Ouattara a dit qu’il investirait la somme de 108 milliards FCfa pour, selon lui, conduire un programme d’urgence. «Alassane Ouattara a promis que, dès l’année prochaine, le bitumage des axes Boundiali-Tengrela, Boundiali-Madinani et Boundiali-Kani. En ce qui concerne l’adduction d’eau potable, l’ancien Premier ministre d’Houphouët-Boigny a indiqué avoir dénombré dans le département, 257 pompes villageoises qui ne fonctionnent pas. Il entend les réparer et construire 41 nouveaux forages. Au plan de l’Education, ADO envisage dans son programme de rénover 300 classes scolaires et construire 10 écoles» (In Le Patriote du 8 octobre 2010). Ces chantiers existent-ils à Boundiali depuis son accession au pouvoir en avril 1011 ? Ouattara se retrouve sur les terres de Boundiali. Si les promesses avaient des yeux et étaient capables de parler, elles parleraient de vive voix ?. Au Nord, Ouattara est rattrapé par ses propres promesses.

Benjamin Koré
In Notre Voie

Mon, 08 Jul 2013 17:14:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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