« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Arts et Culture

« AMOBÉ MÉVÉGUÉ, UN AFRICAIN DROIT DANS SON CORPS ET DANS SON ÂME » (CALIXTHE BEYALA)

Il me souvient de l’époque où Amobé Mévégué avait pour prénom Alain.
Il me souvient de ces moments emplis de tendresse, où mon frère me rappelait fermement qu’il ne fallait plus jamais l’appeler Alain, que ce prénom Européen n’était pas celui de ses ancêtres, qu’il préférait se replonger dans ses racines, sur la terre de ses ancêtres Éton et récréer son identité.
Et peu à peu, j’appris à me débarrasser de Alain pour adopter AMOBÉ
Il me fallut du temps pour comprendre que mon jeune frère était un vrai Nti, un seigneur Beti, UN AFRICAIN DROIT DANS SON CORPS ET DANS SON ÂME qui n’était nullement impressionné par l’OCCIDENT, qu’il ne voulait ni se diluer ni se confondre ! OUI, UN PANAFRICANISTE défendant la cause noire avec la dernière énergie de son être.

IL était de tous nos combats ; il était le maître de cérémonie de la grande messe des africains français au palais des congrès de Paris
Mon jeune frère me racontait ses rêves inassouvis, ce désir perpétuel de porter plus loin les cultures africaines, les voix africaines
Il créa télé et magazines ; il fit des émissions dans le but de transmettre, de faire connaître CULTURES ET TRADITIONS AFRICAINES.

IL voulait que l’Afrique soit connue et reconnue d’ailleurs ; il s’habillait d’africain et me disait avec cette fierté Eton qui le peuplait : Sita moi dans un costume, jamais !

Et il était élégant dans ses costumes africains ! Et il était beau ! Et il était brillant, un véritable érudit sous une apparence humble! je ne le voyais pas partir ; je ne le voyais pas mortel ; je le percevais comme une éternité ! Et voilà qu’il est parti ! Le choc chez moi est immense, difficile d’admettre cette si nouvelle réalité, de l’accepter… Pourtant il faudra bien qu’il en soit ainsi dans ma tête. Que l’évidence commande à mes émotions. Que je me dise que je ne le reverrai qu’au pays des morts !
With all my love my dear brother ! Rip.

CALIXTHE BEYALA

Fri, 10 Sep 2021 14:16:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

4 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.