Cet ancien tirailleur sénégalais, blessé et gazé au front, travaille comme facteur à Paris depuis 1921. Marié à une Française et père de deux enfants, il vit dans le quartier populaire de la Goutte d’Or, suit des cours du soir à la Sorbonne et vient de créer le Comité de défense de la race nègre. Il meurt quelques mois plus tard, les poumons ravagés par le gaz moutarde. Le Sénégalais fait partie de ceux qui, en métropole, ont semé des graines pour l’émancipation des colonies. « A Paris, les militants anticolonialistes jouissent d’une plus grande liberté que dans leurs colonies d’origine, explique l’historien Pierre Singaravélou. Par un paradoxe apparent, c’est ainsi au cœur de l’empire français que s’exacerbe la conscience nationale et l’idéologie anticoloniale. »
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Sat, 13 Feb 2021 14:56:00 +0100
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