« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Ubuntu, le cadeau de l’Afrique au monde ?

Se voir en autrui, se mettre à sa place, apprendre à l’écouter pour mieux le comprendre… Voilà quelques principes qui pourraient nous permettre de vivre en harmonie, dans le respect et la bienveillance, s’ils étaient appliqués par la majorité d’entre nous. Une douce utopie ? Une urgence, plutôt, comme nous le rappelle douloureusement l’actualité outre-Atlantique qui oblige une fois de plus des êtres humains à scander dans la rage et la douleur : « Black Lives Matter ! »

Le énième déni d’humanité que constitue la mort de George Floyd intervient à une période où le monde, après avoir fait son examen de conscience, s’interroge sur son avenir. Avec la pandémie de Covid-19 et le confinement de la moitié de la planète, nous avons vu la façon dont nous étions tous liés les uns aux autres, nous l’avons éprouvé dans notre chair. Chez beaucoup, cette crise a fait émerger un réel désir de changement.

À travers Ubuntu – Je suis car tu es – Leçons de sagesse africaine, publié fin 2019 chez HarperCollins, Mungi Ngomane s’adresse précisément à ceux qui aspirent à un monde plus juste.

Ubuntu, une philosophie humaniste

En langue xhosa, le terme ubuntu désigne l’humanité. En kinyarwanda, la générosité. C’est un concept qui existe dans presque toutes les langues bantoues d’Afrique et qui englobe la notion de communauté et d’interdépendance entre les êtres humains. Ubuntu est illustré clairement en zoulou et en bantou par le proverbe « Umuntu, ngumuntu, ngabantu », que l’on pourrait traduire par « l’individu n’est individu qu’à travers d’autres individus ». Autrement dit, « je suis parce que tu es ».

Le Prix Nobel de la paix Desmond Tutu, qui a toujours prôné avec ferveur ubuntu, en a résumé l’essence ainsi : « Mon humanité est entremêlée, inextricablement liée, à la tienne. Lorsque je te déshumanise, je m’inflige le même traitement inexorablement. »
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Mon, 25 Oct 2021 16:54:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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