« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Arts et Culture

Contribution à l’unité des peuples de Côte d’Ivoire : le Wawolé et le Bété de Côte d’Ivoire, deux langues parentes d’origine égyptienne ; l’exemple de « venir/aller ».

Les formes phonétiques de « venir », « s’en aller » dans la langue égyptienne ancienne survivent toujours dans les langues (en réalité des dialectes) modernes wawolé (baoulé) et bété de Côte d’Ivoire.

1- Toutes les langues de Côte d’Ivoire appartiennent à une même sous-famille linguistique : Le nigéro-kordofanien.

La Côte d’Ivoire compte3 groupes linguistiques ; Gur, Mandé, Kwa (Classification T. Obinga 1993). Le bété et le waolé appartiennent au groupe kwa.

Selon la classification de T. Obenga les langues de Côte d’Ivoire font partie de la sous famille Nigéro-kordofanien qui est l’une des 5 sous – familles de la famille linguistique « négro-égyptien » (Egyptien, Couchitique, Tchadique, nilo-saharien et Nigéro-kordofanien).

T. Obenga a reconstruit l’ancêtre commun pré dialectal qu’il nomme le négro-égyptien.

Ceci n’est jamais enseigné par l’école ivoirienne. Pourtant cette connaissance est nécessaire pour créer la conscience panafricaine qui précède la construction de la Fédération africaine.

2- Examinons maintenant le concept « venir » dans les quatre langues de la comparaison. ; Égyptien pharaonique, copte, Bété et Wawolé (baoulé).

Égyptien pharaonique : ici il y a deux traditions vocaliques 

1)      ii = iy = yy = « venir », « retourner » »

2)      Iw = « venir »

Copte                                  ei = eyi =i =yi = eie = eye = ie = ye = eia =eya. 

Bété                                     Le bété qui est un dialecte kru confirme la première tradition avec i avec ses variantes, yi, gi = venir.

Wawolé                              Le wawolé qui est un dialecte Akan confirme les deux traditions. La première avec i = “venir » comme dans I dè = « viens ici ».

Outre les bété et les wawolé, on retrouve cette forme dans de nombreuse langues africaines comme le Kuba (i), le dogon (ya) et le Douala (ya).

Selon T. Obenga : «  la structure vocalique de base est la racine commune +-i- qui en s’élargissant est devenue +-y-(ii) ».

La deuxième tradition pharaonique iw=venir est confirmer en wawolé avec la forme wo comme dans é wo = « nous allons ». é = « nous » et le wo est le substantif de ko = « aller ». On retrouve cette forme en moore (wa) et Yoruba (Wa).

3- L’Université de Côte d’Ivoire fait de l’idéologie

La langue pharaonique survit dans toutes les langues négro-africaines. Cheick Anta Diop et son disciple Théophine Obinga ont définitivement établi la parenté génétique entre l’égyptien pharaonique, le copte et l’ensemble des langues négro-africaines. Le colloque savant de l’Unesco de 1974 l’a admis.

En Côte d’Ivoire les travaux sur l’établissement de la parenté génétique Égyptien ancien/langues Niger Congo de Côte d’Ivoire sont pratiquement inexistants sauf quelques enquêtes que nous devons à Théophile Obenga.

C’est la preuve de la profonde aliénation des linguistes des universités de Côte d’Ivoire qui refusant d’intégrer l’Égypte ancienne au complexe culturel et linguistique négro-africain restent prisonniers de la cartographie ethnique coloniale de Maurice Delafosse.

4- La connaissance directe une nécessité

Aussi jeune Kamit de Côte d’Ivoire, toi qui t’intéresses à la linguistique historique, toi qui as pris conscience de la nocivité pour l’Afrique des travaux des africanistes et de leurs disciples africains, il t’appartient d’apprendre par toi-même et de faire le travail de recherche qu’impose la renaissance africaine. Il s’agit d’un imparatif.

 

Source : Théophile Obenga, «  l’égyptien pharaonique ; une langue négro-africaine ; égyptien, Dagara, Yorouba, Baoulé, Dogon, langues du Bahr – el Ghazal », Présence Africaine, Paris, 2010, page 97 et 98

Traoré Adama

Source : dyabukam.com

La Dépêche d'Abidjan

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