« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
En Région

Côte d’Ivoire – Bayota : Le village de Téhiri renoue définitivement avec la paix.

Téhiri, ce village cosmopolite peuplé environ de 20 000 habitants avec ses 44 campements baoulé a connu un déclin de ses valeurs qui sous-tendaient son identité remarquable parce que dangereusement éprouvées par un conflit absurde dont il porte encore les stigmates. Hokou Légré René, le nouveau président de la mutuelle de développement de cette localité et son bureau ont choisi de tout mettre en œuvre pour que Téhiri renoue définitivement avec la paix. Ils l’ont exprimé samedi 5 août dernier au cours de leur investiture. Ce, en présence du député de Kong, Diomandé Abdoulaye Karim, représentant le ministre d’État, ministre de la défense et des ex-ministres Alcide Djédjé et Dallo Désiré.

Selon Hokou Légré René, une certaine compréhension du jeu politique ainsi que des interférences aussi bien malveillantes qu’inopportunes ont jeté le pavé de la haine et de la discorde au milieu des communautés qui, depuis plusieurs décennies, vivaient en bonne intelligence. « Cette incompréhension a fait le lit de toutes les formes d’expression, de l’intolérance, du rejet de l’autre, de défiance vis-à-vis des valeurs qui sous-tendaient la vie en communauté que sont le vivre ensemble dans la paix et le respect des droits de tous. Les porteurs de mauvaise augure ont ainsi réussi l’exploit d’opposer des signes identiques à démanteler un échafaudage aux formes harmonieusement bâti au prix de mille et un sacrifices », a signifié le président Hokou Légré.


La situation de belligerence semblait irrémédiable et les positions des différentes parties irréconciliables. Pendant les trois années qui nous séparent de ces événements, le pardon était perçu comme un signe de faiblesse par les deux extrêmes. Face à cette situation, de nombreuses initiatives à la hauteur du désarroi et des craintes suscitées aussi bien au sein de population que de l’administration ont été déployées, mais sans aucun effet positif. Ce samedi 5 août marque un déclic dans la quête de la paix à Téhiri. C’est pourquoi Hokou Légré est heureux de dire qu’ aujourd’hui il peut annoncer aux yeux du monde à travers cette assemblée, que la paix est en cours de réalisation et que c’est un village uni autour des valeurs et d’aspirations communes qui accueille dans toute sa diversité des invités. « Je me sens dépositaire d’une espérance et d’un espoir immense. Parce que sans aucun doute, ma désignation n’a pas consacré la victoire d’une frange de la population sur une autre, d’une obédience politique sur une autre, encore moins d’une génération sur une autre. Elle a plutôt vu la victoire du village de Téhiri et de sa population, désireuse de se donner les moyens d’entrer forts et unis dans le train du développement au nom de leur communauté de destin. « C’est un nouveau jour qui se lève sur notre village et je voudrais à tout le moins , qu’à l’issue de nos trois ans de mandat, les populations de Téhiri constatent que le changement espéré a été résolument mis en route. Avec l’aide des fils et des filles de bonne volonté nous serons après auprès de nos parents en charge de leurs intérêts », a-t-il affirmé.


La nouvelle équipe de la mutuelle de développement de Téhiri aspire à développer et moderniser le village et en transformer radicalement l’espace en le dotant d’infrastructures urbaines, en prévision de la transformation inéluctable de leur village en ville.
« Il arrive un moment où nous devons arrêter de simplement retirer des gens de la rivière. Nous devons aller en amont et découvrir pourquoi ils tombent dedans. Ensemble, nous avons retiré nos parents de l’eau. Ensemble nous avons découvert pourquoi ils y tombaient. Ensemble nous devons maintenant veiller à ce qu’ils n’y retombent plus »,  a conclu le président de la mutuelle de développement de Téhiri, Hokou Légré René.

Tétéhi GOUTOH
Correspondant Permanent à Gagnoa.

La Dépêche d'Abidjan

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