• lun. Juil 13th, 2026

    La Liberté d'Informer

    Rêve d’un seigneur de l’empire qui s’est bâti sur le pays d’Eburnie

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Nov 12, 2025
    À vous, sans exception, entités qui peuplez les cieux, les eaux et la terre, et surtout, à vous femmes et hommes de cette terre bénie de Côte d’Ivoire, prêtez oreille et attention à cette vision qui vient de prendre possession de mes esprits et de moi même tout entier, et dont je me réveille et remets à grand peine !
    Nous étions fin décembre 2025, et tous mes commensaux et moi même, accompagnés de nos épouses, maîtresses et cortèges de courtisans, aussi cupides que serviles, étions grandement engagés dans le cycle de la célébration dyonisiaque de la nouvelle année qui allait poindre.
    Ce mois de Décembre 2025 venait de couronner dans la gloire et l’étincelle toutes nos ambitions et nos rêves de domination sur cette terre et ce pays de Côte d’Ivoire, désormais totalement en nos mains, notre possession totale, dans le sillage de la grande vision et du génie politique de notre grand guide :
    l’Empereur dont le ciel nous a fait don, en un moment de largesse et de bénédiction qui sera certainement unique depuis la création du monde !
    Car, il se pose que, vis-à-vis des grandes puissances qui dirigent ce monde et en règlent les destins, il nous est fait obligation de procéder en surface et apparence comme si cette terre de conquête de notre puissant Empereur était une « République ».
    République, terme vulgaire dont ils baptisent les états où la règle de base est un agglomérat de principes et vœux qu’on baptise « constitution », et à laquelle tout doit répondre et se conformer.
    Or, ne se trouve t-il pas qu’en République, notre Empereur bien aimé, après seulement dix années de règne, devait se retirer et passer le relais à un autre ? Mais, par la grâce des cieux, c’était mal connaître notre Empereur dans toute la force de sa souveraineté !
    Il avait déjà réussi à leur imposer une rallonge de 5 années, certes, mais on avait osé lui faire valoir que ce serait limite, la ligne rouge devenant une véritable muraille blindée ! Là encore, avec ce rare génie de la chose politique dont les cieux l’ont comblé dès la naissance, notre cher et invincible Empereur, alliant calcul et ruse, sut les contenir dans leurs ridicules et puériles pauses de gendarmes d’un monde que rien ne rattache ou identifie à notre glorieux Empire.
    Ce mois de Décembre 2025 a donc vu notre Empereur confirmer et renforcer son assise sur sa terre de conquête ; et, bien au delà, même dans le rituel des joutes publiques entre candidats à la vassalisation, ceux qui portaient nos couleurs l’ont emporté de manière écrasante ; confirmant ainsi, s’il en était encore besoin, que la Côte d’Ivoire est bien le fief acquis de notre bien aimé Empereur.
    Ce mois de décembre 2025 a consacré la gloire de notre Empereur bien aimé, et notre prière était de réunir en nos êtres le maximum de forces et d’énergies pour la célébration, l’intendance impériale nous ayant déjà assuré la disponibilité de moyens sans limite.
    Notre seule pensée donc, entre deux orgies enivrantes et délirantes, est de trouver les chemins et voies pour que notre Empereur et sa principauté soient désormais dégagés de ces formalités basses et deshonorantes que l’on appelle élections.
    C’est alors que, brusquement, ma vision me présenta un autre tableau, aussi impressionnant qu’effrayant.
    Sur les eaux d’un océan sombre, lugubre et houleux, un radeau était ballotté, presque à la dérive, et au centre se trouvait notre Empereur, entouré des 20 à 25 Grands Seigneurs que nous sommes, et qui constituons son seul contact avec la terre et les millions de sujets de l’Empire.
    Nous étions tous couchés, aplatis sur le plancher du radeau, dans l’attente de la vague qui allait le renverser et nous livrer tous à la profondeur des flots. La terreur ne permettait aucune prière, et, là haut, dans les cieux, il y avait des millions de visages, où nous reconnaissions les Ivoiriens que nous voyions au quotidien ; ils portaient sur nous un regard impassible, comme vide, patient et résilient.
    Ma dernière vision, avant que le radeau ne chavire et disparaisse avec nous tous, fut celle d’un pays vivant dans la paix, la sérénité et l’harmonie. Femmes, hommes et enfants s’abordaient avec calme et empathie, et les seuls éclats étaient ceux des rires de sympathie et de connivence. Tout le monde paraissait en bonne santé, bien nourri, les maisons ou résidences étaient agréables et confortables. Dans les villes comme les campagnes, enfants, jeunes comme adultes vaquaient à leurs activités avec enthousiasme.
    Le calme et la sérénité étaient aussi impressionnants que prenants. De toutes les lèvres revenait souvent la même phrase : << la Côte d’Ivoire vraie est en marche ; elle marche, elle marche, et rien ne saura l’arrêter…>>
    Fait à Abidjan, le 12 novembre 2025
    Kobena I ANAKY.                                         
    Que vive la Côte d’Ivoire !
    Citoyen Ivoirien

    Laisser un commentaire

    Nous utilisons des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience possible sur notre site Web. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre utilisation des cookies.
    Accepter
    Refuser
    Privacy Policy