Classée 5ᵉ au dernier concours Miss Universe, alors que beaucoup la voyaient en tête, Olivia Manuela Yacé, Miss Côte d’Ivoire 2021 et récemment sacrée Miss Universe Africa & Oceania 2025, a annoncé sa démission officielle de son titre et de toute future collaboration avec le comité Miss Universe.
Dans un communiqué publié ce lundi 24 novembre 2025, elle explique son choix et adresse un message aux communautés noires et afro-descendantes : « J’en appelle aux communautés noires, africaines, caribéennes, américaines, afro-descendants… Continuez à entrer dans les espaces où l’on ne vous attend pas. Ouvrons la voie pour nos frères et sœurs qui nous suivront. Ne laissons jamais quiconque définir qui nous sommes ou limiter notre potentiel. Notre présence compte, et nos voix doivent être entendues. »
Son appel à la présence est certes fort, mais la simple participation à ces espaces ne suffit pas. Pour les Africains noirs et les Afro-descendants, il est essentiel de connaître les racines des discriminations qui structurent encore le regard porté sur eux. En effet, représenter l’Afrique exige une conscience historique solide.
Les communautés noires affrontent toujours des injustices s’enracinant dans des constructions idéologiques et religieuses anciennes. Ces récits influencent la manière dont les autres les perçoivent. Le savoir permet d’affronter les obstacles actuels avec lucidité.
Une personnalité qui aspire à représenter l’Afrique ne peut ignorer ces réalités. Olivia Yacé ne pourra porter un discours puissant pour sa communauté que si elle est pleinement consciente de cet héritage. Le concours Miss Universe, auquel elle vient de participer, ainsi que celui de Miss Côte d’Ivoire, sont organisés selon des standards de beauté européens, l’appellation « Miss » elle-même étant d’origine occidentale.
La Miss Côte d’Ivoire 2021 affirme que son retrait résulte de son attachement au respect, à la dignité, à l’excellence et à l’égalité des chances, considère son rôle au concours comme « tronqué » et annonce vouloir se consacrer entièrement à la défense de ces valeurs. Elle conclut son message par « ITS TIME FOR AFRICA ». Ce temps demande un travail de mémoire sérieux. Le peuple noir avancera lorsqu’il connaîtra son histoire, reconnaîtra les systèmes qui ont accompagné sa marginalisation et refusera de se laisser définir par ceux qui s’emploient à le dévaloriser.
Axel Illary

