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    À Bamako, les dirigeants de l’AES lancent leur banque pour financer le développement

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Déc 30, 2025

    Les présidents du Mali, du Niger et du Burkina Faso se sont retrouvés à Bamako le 23 décembre 2025 pour leur deuxième sommet dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel. La rencontre portait sur des enjeux politiques et économiques. Elle a été l’occasion du lancement de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement, présentée comme l’outil financier de la Confédération des États du Sahel.

    La banque, dont le siège a été inauguré à Bamako, dispose d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA. Les autorités la décrivent comme un instrument destiné à financer des projets publics et privés jugés stratégiques. L’objectif annoncé est de réduire la dépendance des trois pays aux financements extérieurs. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger disent vouloir prendre en charge leur propre agenda économique.

    Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, défend ce choix. Il insiste sur l’idée que le développement doit reposer sur des ressources internes. Selon lui, la nouvelle banque doit agir comme un moteur capable d’alimenter des investissements lourds, tout en encadrant la participation du secteur privé avec validation des États.

    Le modèle s’inspire de structures régionales existantes, comme la BOAD. Les responsables parlent d’un dispositif en mesure de mobiliser chaque année des fonds importants. Ils évoquent aussi la  mise en place  d’un prélèvement confédéral à hauteur de 0,5 pour cent sur les importations destinées aux pays de l’AES. Cette contribution a pour but de créer une base financière durable pour la confédération et de renforcer l’intégration économique entre les trois États.

    Le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, met en avant la portée symbolique du siège. Le bâtiment abritait autrefois une agence de la Banque centrale du Mali. Les autorités y voient un signe politique et un marqueur de souveraineté.

    La gouvernance de la nouvelle institution reflète l’équilibre recherché entre les trois pays. La présidence est confiée à un Burkinabè. Deux vice-présidents malien et nigérien l’assistent. Le conseil d’administration compte six membres. Chacun des trois États y dispose de deux représentants.

    Ce lancement traduit la volonté de construire un cadre économique commun, alors que les trois régimes cherchent à consolider leur alliance dans un contexte marqué par l’insécurité et l’isolement diplomatique.

    Axel Illary

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