« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Politique

Panafricanisme : construire ensemble la puissance de l’Afrique et de sa diaspora

L’Afrique a été morcelée par des frontières coloniales, qui ont séparé des communautés sans tenir compte de leurs réalités historiques. Ces divisions artificielles freinent encore la circulation des biens et des personnes et alimentent parfois des conflits entre États issus de la colonisation.

Pour autant, le continent possède une identité culturelle partagée. Cheikh Anta Diop l’a d’ailleurs démontré avec rigueur dans L’unité culturelle de l’Afrique noire.
Les Africains ont en commun une vision du monde, des structures sociales et des symboles. Ce socle culturel, dilué par les influences imposées par les puissances impérialistes, reste un fondement solide pour toute construction politique et sociale.
Le panafricanisme part de ce constat et propose une voie claire.

Dépasser politiquement les frontières actuelles sur le continent libérera les mouvements, facilitera le commerce et créera de la richesse. Par exemple, un étudiant sénégalais pourra s’installer au Kenya sans obstacle. Un entrepreneur congolais commercera au Ghana sans barrières inutiles.
L’union permettra aussi de garantir la paix entre États et de protéger les ressources du continent.

Dans un modèle fédéral inspiré des États-Unis d’Amérique, une autorité centrale arbitrera les différends, encadrera les forces armées et garantira le respect de règles communes. Les États deviendront interdépendants pour le commerce, les ressources et les décisions importantes. Cette complémentarité rendra les conflits armés pratiquement impossibles, car attaquer un partenaire aurait des répercussions négatives pour tous.

La souveraineté se construira collectivement et les richesses africaines seront protégées et valorisées.

Une Afrique unie représentera un bloc démographique majeur, un marché immense et une force diplomatique capable d’imposer ses priorités dans les négociations internationales. Elle transformera localement ses matières premières, développera la recherche, créera des emplois et renforcera son indépendance monétaire et technologique.
Le panafricanisme invite à dépasser les divisions héritées de la colonisation et  à construire une communauté politique à la hauteur de l’histoire du peuple noir.

L’union est une option stratégique. Sa réalisation dépendra des choix des acteurs africains et de la diaspora pour transformer cette vision en réalité.

Axel Illary 

La Dépêche d'Abidjan

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