À Abidjan comme ailleurs en Côte d’Ivoire, un phénomène social se manifeste par un intérêt obsessionnel pour les commérages.
Surnommée « gbairai » ou « affairage », cette curiosité prend souvent le dessus sur les sujets importants et envahit les réseaux sociaux.
Pourtant, alors que le pays fait face à des défis majeurs et que des problèmes cruciaux comme la cherté de la vie, le coût élevé des loyers ou le remblayage de la lagune Ébrié devraient mobiliser l’attention des citoyens, ce sont parfois les histoires de mœurs impliquant des personnalités publiques qui monopolisent les conversations.
Ce phénomène révèle un manque de conscience civique. Beaucoup restent éloignés des enjeux collectifs et accordent un intérêt excessif aux scandales, au détriment des problématiques qui touchent la majorité.
Toutefois, cet état de fait peut tenir à un environnement qui ne favorise pas toujours une parole libre et engagée. Cela ne saurait pour autant justifier l’indifférence. Il appartient aux citoyens de sortir de l’inaction.
Depuis quelques jours, une affaire mettant en scène un ancien footballeur international et une présentatrice de la télévision nationale enflamme les plateformes numériques et captive l’opinion.
Des panels et groupes de discussion se multiplient sur les réseaux sociaux pour débattre de cette situation.
L’énergie du public se concentre ainsi sur une histoire qui n’apporte rien à la société.
Le « gbairai » est devenu une forme de distraction collective. Une tendance qui pose la question des priorités des Ivoiriens et de leur rapport à l’information.
Cependanr, cette fascination pour les commérages n’est pas propre à la Côte d’Ivoire. On l’observe aussi dans de nombreux pays, où la curiosité pour le scandale prime sur l’engagement citoyen.
A.I.

