« Des personnes sont allées à trois reprises chercher ma femme sur son lieu de travail et mes enfants ont été menacés dans leurs écoles par des enfants d’un autre frère d’armes. J’ai donc fui juste pour avoir la vie sauve », a dit le commandant Abehi Jean Noël. Il a aussi insisté sur le fait qu’il n’a pas déserté.
« En votre qualité d’officier supérieur, comment définissez-vous la désertion? », lui a demandé le président du tribunal, Dembelé Tahirou. « C’est le fait de quitter le pays pendant plus de trois jours sans autorisation de ses chefs », a répondu Abehi. Donc vous avez déserté ? a repris le juge. « Oui je suis d’accord », a reconnu Abehi.
Revenant sur son ralliement aux nouvelles autorités après la crise et abordant la question de son rôle présumé dans les tirs ayant causé la mort des sept femmes à Abobo, le commandant Abehi a été catégorique. « J’ai dit au Premier ministre d’alors, Soro Guillaume de bien regarder la vidéo de ces tueries. Il s’agit des chars de la Brigade anti-émeute (Bae) et de ceux de la garde républicaine et non des chars du camp d’Agban », a-t-il tranché.
Interrogé sur sa participation auprès d’autres soldats qui planifiaient des attaques contre les autorités d’Abidjan depuis le Ghana, il a indiqué avoir été approché par ces derniers mais a décliné l’offre. « Quelques jours après mon arrivée au Ghana, j’ai participé à une réunion où il y avait Katinan Koné et un autre ministre. Les colonels Gouanou et Dadié étaient présents et il était question de faire un coup. J’ai refusé car, il s’agissait pour eux de tuer massivement les Burkinabè et les Baoulé à l’ouest du pays », a-t-il révélé.
Poursuivant sur ce chapitre, il s’est dit heureux d’avoir été mis aux arrêts à temps car, « mes amis militaires en exil voulaient m’éliminer parce que j’avais refusé de comploter avec eux ».
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Tue, 09 Jun 2015 23:53:00 +0200
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