« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Sports

Au Sénégal on se tire dessus au moment où la Côte d’Ivoire panse ses plaies

À une semaine de la rencontre devant opposer le Sénégal à la Côte d’Ivoire pour le match retour des éliminatoires de la CAN 2013, les deux sélections offrent un visage différent avec du côté des Eléphants un calme plat alors que du côté sénégalais, on tire de tout côté contre la Fédération et l’entraîneur national, Joseph Koto.

Depuis la publication de la des 23 lions sélectionnés pour cette rencontre décisive, il ne se passe un seul jour, sans qu’un footballeur ou des supporters ne montent au créneau pour dénoncer ou menacer Joseph Koto.

Si ce n’est pas sa compétence qui est mise en cause, il est tout simplement accusé de laisser des dirigeants faire à sa place les listes des joueurs sélectionnés à sa place.

Ainsi, si Joseph Koto, n’est pas personnellement visé, c’est tous les entraîneurs locaux qui doivent prendre pour leur grade avec la dernière sortie d’Abdoulaye Diagne-Faye. Ce dernier estime, dans une interview parue vendredi dans le quotidien L’Observateur, que les entraîneurs sénégalais passent tout leur temps à tâtonner.

La Fédération sénégalaise de football (FSF) dirigée par Me Augustin Senghor n’est pas en reste dans ces critiques.

Il est vrai qu’en décidant de lever la suspension d’El Hadj Diouf à quelques jours de la publication de la liste des 23 sélectionnés, elle a suscité des espoirs dans le camp des supporters du double Ballon d’or africain et elle doit assumer son erreur de casting.

D’ailleurs, elle a mis son entraîneur national dans un gros embarras et a suscité ces critiques des supporters d’El Hadj Diouf qui s’abattent sur Joseph Koto qui avait besoin de plus de sérénité à la veille d’une importante échéance.

Contrairement au Sénégal, où on se tire dans les jambes, c’est la sérénité du côté ivoirien où les critiques contre la gestion technique de Sabri Lamouchi se sont tues malgré la difficile victoire (4-2) du match aller.

Et pourtant, ce n’est pas les difficultés qui manquent côté ivoirien où la défense des Eléphants qui doit supporter le gros du match de Dakar est devenue un véritable chantier.

Sur les quatre joueurs titularisés à l’aller – Emmanuel Eboué, Souleymane Bamba, Kolo Touré et Siaka Tiéné -, seuls les deux premiers jouent régulièrement.

La décision de Lamouchi de convoquer un gardien inconnu au bataillon, Sayouba Mandé (Stabaek, Norvège), démontre que la sérénité est loin d’être de mise chez les Eléphants malgré leurs deux buts d’avance.
Longtemps numéro 1, Kopa Barry est loin d’offrir toutes les garanties de sérénité.

S’il est vrai que Yaya Touré et Gervinho multiplient des performances de haut niveau en club, il reste que tout n’est pas au mieux comme dans le meilleur des mondes.

Mais ils ont préféré taire leurs divergences et querelles en pansant leurs plaies au moment où au Sénégal, se tirer dessus est devenu le sport favori des acteurs du football.

El Hadj Malick Gackou, le ministre des sports, ancien vice-président de la FSF sentant le danger, a tenté jeudi de tirer la sonnette d’alarme en appelant les amis d’El Hadj Diouf à placer l’intérêt national au-dessus de tout.

Sera-t-il entendu ? On attend de voir mais au rythme où vont les choses, il y a beaucoup à craindre même si en 2008 l’unanimité ou plus tôt l’unanimisme affichée avec les retours ‘’des anciens cadres’’, Salif Diao et Khalilou Fadiga n’avait pas empêché les Scorpions de Gambie de venir faire match nul 1-1. Et ainsi d’éliminer le Sénégal de toutes les compétitions (CAN et Mondial) de 2010.

aps.sn

Fri, 05 Oct 2012 15:05:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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