février 1, 2023

AUDIENCE À HUIS-CLOS : LES « VRAIS PATRIOTES » À LA HAYE. LE NPR RÉPOND À PHILIPPE KOUHON

Le « Journaliste », Philippe Kouhon, dont l’une des fonctions dans la société politique est d’informer, en toute objectivité, en respectant des règles déontologiques liées à cette noble fonction qu’est la presse, s’est récemment étalé dans une dérive qui ne peut laisser personne indifférent. Face à cette attitude, qui verse encore une fois, les vielles mêmes eaux dans mêmes les vieilles outres, avec ses senteurs nauséabondes de la division, nous avons décidé de répondre à cette hasardeuse sortie. Lieu de cette nouvelle incurie, La Haye, dans une vidéo, publiée sur les sites de certains journaux en ligne. Intéressons-nous de près à quelques uns de ses propos : « Malgré le temps très pluvieux, ces vrais patriotes ont scandé « Gbagbo Président !». « Il est incompréhensif que nous soyons des milliers à manifester un week-end et parfois lorsque l’audience du président Laurent Gbagbo est reportée, et aujourd’hui, le jour même où le président pouvait nous voir, voir la mobilisation de ses partisans, malheureusement seulement une minorité a fait le déplacement. Cela n’est rien d’autre que le fruit de nos divergences. Je veux parler du leadership qui risque de nous être préjudiciable » a regretté Christine Zékou. Pour Abel Naki, il est temps que tous les leaders revoient leur ligne de conduite et donnent une chance à la lutte pour la libération de Laurent Gbagbo. Rappelons aux impétueux que l’audience se déroulait à Huis-clos. Ceci signifie que ce sont des débats judiciaires hors de la présence du public, en secret, toutes portes fermées, sans que le public ne soit admis. Si, en première approximation, l’on peut saluer ce déplacement ainsi que l’enthousiasme de ceux qui se sont déplacés , soulignons par ailleurs que, cela se rapproche d’un acte de défiance à la loi et une incitation au désordre, proche d’un vulgaire acte de vandalisme et de rébellion, par rapport à l’ordre exigé , pendant une séance qui se veut à huis clos, séance au cours de laquelle , les rapports médicaux doivent respecter , le secret professionnel, l’intimité de la personne , ainsi que le droit à la vie privée. Le second écueil à soulever dans cet extrait qui nous a été proposés, est la présence supposée de Maitre Altit, qui n’apparait point dans l’extrait de son reportage. L’on évoque furtivement cette présence, sans que la suite de la vidéo proposée atteste de la véracité de tels propos, qui sonnent comme une forme flagrante de propagande stérile. Le journaliste Philippe Kouhon, a-t-il oublié de proposer au public, un tel fait qui aurait donné plus de consistance et d’ampleur à son film. Cette omission, aussi volontaire soit-elle, nous interpelle et nous laisse dubitatifs, Philippe Kouhon aurait pu arracher quelques mots à Maitre Altit, et partager avec le public ce privilège. D’autre part, certains intervenants font cas d’un public assez maigre, qui contrasterait avec l’importance de l’évènement en jetant la pierre aux nombreux absents, respectant le principe qui veut que « l’enfer, ce soit toujours les autres ». Cela témoigne pour nous d’un manque de concertation, et de conciliation de point de vue, s’agissant de la conduite de telles actions, et de la volonté pour certains de mener des aventures solitaires, voire solipsistes. Le troisième point à soulever , est l’accusation en des termes à peine voilés portés sur ceux qui n’ont pu effectuer le déplacement, « alors qu’au mois de juin, et de juillet, nous étions nombreux ». Notons qu’en cette période de septembre, commence une année nouvelle, non, au sens civil du terme, mais, au sens socioprofessionnel, ce, contrairement aux mois de juin, juillet et aout, entendues comme des mois de fin d’année et des périodes de grandes libertés et d’errances, communément dénommées les vacances. Cet huis clos, et cette période de reprise très contraignante sur le plan professionnel, peuvent constituer des cas de force majeure, avec tout l’aspect irrésistible que cela présuppose, et nécessiter plus d’indulgence de la part de nos camarades. Aussi pourrions-nous poser la question de savoir pourquoi Philippe Kouhon a eu à effectuer le déplacement de la Hollande s’il ne peut informer le public sans ambigüité aucune, en s’appuyant sur les aveux de certains agents des forces de l’ordre pour s’assurer de la présence du Président Laurent Gbagbo dans une des voitures, qu’il aurait vu passer. Comme quoi, en dépit de son déplacement, il est pour lui difficile d’informer en toute certitude et objectivité. Derrière ce manichéisme troublant dont font preuve les différentes interventions, se cache une idée, celle de mener une pseudo-résistance de ressentiment, fondée sur les invectives . Soulignons que le vrai s’oppose au faux, qui sont des vocables contraires ou antinomiques. Cela a pour conséquence d’établir une scission, une ligne de fracture entre des personnes qui ont en commun le même oppresseur, avec l’idée sous- jacente de vrais, qui se distingue du faux, et de bons qui s’opposerait à mauvais, de bien qui s’oppose au mal. Sachant que , s’agissant de la résistance, tous les ivoiriens dans divers endroits du monde que ce soit , qu’ils soient au Canada, aux Etats-Unis d’Amérique, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Afrique du Sud, en Italie, en Espagne, en Côte d’ivoire, au Ghana, au Cameroun, au Togo, etc.., mènent à leur façon le combat de la résistance , avec des moyens aussi divers que vairés. Nul ne peut s’attribuer la paternité d’une telle lutte, qui se veut multiple, sur des fronts divers. Le « vrai patriote », si « vrai patriote » il existe, doit-il affirmer seulement sa « patriotude », sans suivre l’attitude du tigre qui ne fait pas qu’affirmer sa trigritude ? Cela passe par des conférences, des colloques, des marches, des distributions de tracts, du lobbying, que mènent non seulement les ivoiriens, mais tous les amis de la Côte d’ivoire, qui ont perçu l’ampleur du désastre qui nous guette, en somme une forme de nébuleuse qui converge vers un seul but : la libération de la Côte d’ivoire et de l’Afrique du joug de l’impérialisme. Le stakhanovisme et l’esprit manichéiste n’ont donc pas droit de cité, dans une telle lutte.

LE PATRIOTISME COMME FONDS DE COMMERCE

Le patriotisme depuis la naissance de la rébellion politico-armée, est devenu un terme galvaudé. On a vu, tour à tour, naitre des mouvements qui se réclamaient du patriotisme et qui se sont mis à la solde de l’impérialisme. Dans ce lot, l’on peut mettre le MPCI, baptisé Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire par la grâce de Pierre Mazeaud et de Blaise Compaoré, avec à sa tête, un homme, Guillaume Soro, qui s’enorgueillit d’être devenu rebelle, ou encore le MPIGO, Mouvement Patriotique du Grand-Ouest, de véritables assassins dont le patriotisme sanguinaire rime paradoxalement avec les meurtres et autres violations des droits de l’Homme. A ce patriotisme, nous opposons le souverainisme, dans une approche postmoderne et panafricaniste du terme. Mais, certains entendent faire de la résistance un véritable fonds de commerce, faisant croire que la seule exhibition suffirait à leur réserver une place au panthéon. Comme disait Socrate à Hippias, « j’ai secoué le joug, Hippias, tu restes sourd à mes appels, tu ne comprends rien, pauvre Hippias ». Dans une cité politique qui est à l’image du corps humain, ne commande pas qui veut. C’est un monde hiérarchisé, qui veut que l’autorité soit acquise par la connaissance et la compétence. Dans cette structure pyramidale, l’autorité hiérarchique est située en haut de l’échelle, avec ceux qui possèdent un maximum de savoir-faire dans la direction des affaires publiques. Au milieu, ceux qui se trouvent au cœur de la société, nous avons les défenseurs de la cité, qui font preuve de courage et de bravoure et qui la défendent lorsqu’elle est attaquée, et en bas seront les parties les plus viles du corps, celles qui sont le lieu de passion et qui nous perdent.

CONMME TANTALE : LE CULTE DU MOI, JE

Claude Roy fait partie des plus grands écrivains français de la résistance. L’une des œuvres majeures de cet auteur s’intitule « moi, je », « moi » souvent haïssable qui se distingue et s’oppose au « Nous ». Face à la prétention de vouloir connaitre les autres et les juger, juger qui consiste à lier un objet à une copule, connaissance qui devient subjective, au sens où le jugement est souvent la traduction de l’affect, c’est-à-dire l’expression des rapports intimes que l’on entretient avec tel ou tel individu. Devant l’impossibilité de juger en toute objectivité les choses sensibles, choses que sont les « ob-jets », ce qui est jeté devant moi, arrêté devant moi, qui brille et m’éblouit, la sagesse hellénistique a préconisé la mesure, la tempérance et le fameux, connais-toi, toi-même. Ce précepte, est une invitation à connaitre sa place et à y demeurer. Cette adresse, est une exhortation à ne rien commettre qui soit de trop, et de savoir rester à sa place. En un mot, ne pas pêcher par ignorance, mère de tous les vices, ne pas tomber dans une posture proche de l’hybris, c’est-à-dire la démesure, ce qui est souillé négativement, à l’instar de Tantale qui se prend pour ce qu’il n’est pas, démesure qui entraine une prétention aveugle dans ses capacités. Il faudrait par conséquent éviter de faire comme Icare, qui prétend vouloir voler très haut, qui, non seulement se brûle les ailes au fur et à mesure qu’il approche du soleil, mais est obligé de redescendre sur terre afin de retrouver ses forces. Ajoutons par ailleurs que la sagesse chrétienne nous enseigne que « l’orgueil précède la chute, et que l’humilité, arme des forts, précède la gloire ». Rappelons qu’en 2008, lorsque le NPR, alors dénommé COPACI, avait effectué le déplacement de la HAYE, avec une délégation de deux personnes devant la COUR PENALE INTERNATIONALE, les moralisateurs d’aujourd’hui étaient ceux-là même, qui, hier, jetaient aux orties le Nouveau Parti Pour le Rassemblement, en les taxant de rêveurs aux étoiles. Nous nous inscrivons en faux contre les propos qui ont souligné que les absents ont décidé de privilégier le déplacement de Genève par rapport à la Haye, car, l’engouement que l’on ressent autour du voyage de Genève est le résultat d’un travail de concertation, entrepris il y a de cela plus de deux mois.

MINISTRE JE SERAI

« Que puis-je connaitre, que m’est-il permis d’espérer, et que dois je faire ? », tels sont les fondements de la philosophie kantienne, celui que David Hume a sorti de son « sommeil dogmatique ». Le Privatdozent de Königsberg, soutient que l’action morale, bonne soit faite pour elle-même, et non pour escompter quelque bien en retour. En négligeant un tel principe, l’on le fait pour nous-mêmes, et non pour l’œuvre bonne en soi. Or, il n’est un secret pour personne que les autoproclamés bons résistants, nourrissent jalousement le rêve, d’être nommés ministres en Côte d’ivoire. Vivre, dit-on, c’est baigner dans un océan de possibles, nul ne peut être empêché de rêver. Si la rébellion politico-armée nous a habitués au règne de l’incompétence, avec le ministre Ahmed Bakayoko, Guillaume Soro, qui « a traversé l’université au lieu de la faire » selon les termes du Président Laurent Gbagbo, et surtout Kandia Camara, incarnation et symbole de la médiocrité absolue, le gouvernement du Président Laurent Gbagbo est une équipe où nul n’entre s’il n’est une sommité. D’autre part, quand on se réclame du Gbagboisme, on a en héritage le sens de la mesure, la tempérance, la tolérance, la commisération et le pardon. Bien que chaque personne porte un masque, la politique n’est pas du théâtre ou une question de thaumaturgie, encore moins de l’exhibitionnisme, qui nous ouvrirait la porte des paradis perdus, que l’on voudrait récupérer ailleurs en Côte d’ivoire. Nous ne saurions terminer en réitérant notre appel pour le 6 octobre à Genève, afin d’exiger à la communauté internationale que l’humanisme des droits de l’Homme, principe aujourd’hui bafoué en Côte d’ivoire, soit appliqué sans trêve.

ZADI JONAS

PORTE-PAROLE DU NPR

PARIS LE 27 SEPTEMBRE 2012

Wed, 26 Sep 2012 22:39:00 +0200

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