Comme ses pairs africains qui, n’en pouvant plus de supporter les injustices de la communauté internationale, ont sonné le tocsin de la révolte contre la justice internationale au dernier sommet de l’Union africaine, le président guinéen Alpha Condé est aussi amer. Il se dit agacé par les attitudes de la CPI et se pose mille et une questions. Cette semaine, le chef de l’Etat guinéen qui croise le fer avec une opposition qui ne semble pas vouloir lui donner de répit, s’est confié à l’hebdomadaire Jeune Afrique et a dit ses quatre vérités sur la Cour pénale internationale. «Je suis contre l’impunité et contre les chefs d’État qui écrasent leur peuple. Cela a été le sens et l’essence de mon combat. Mais je constate comme tout le monde que, curieusement, la CPI ne poursuit que des Africains, comme s’ils étaient plus criminogènes que les autres. Je comprends donc l’agacement de mes pairs. Moi-même, je me pose des questions».
Le traitement réservé à Laurent Gbagbo et à bien d’autres Africains détenus à la CPI y est sans doute pour quelque chose dans la colère de M. Condé et ses pairs. Et il faudra peut-être saluer le cinquantenaire de l’organisation panafricaine (UA) qui a servi de tremplin à la libération de la parole pour un monde plus juste fondé sur une justice équitable et instrumentalisée.
AVS in Notre Voie