Il y a eu des surprises lors des CAN 2012 et 2013. Que doit-on en conclure ? Que les éliminatoires d’une Coupe du monde révèlent davantage le vrai niveau des équipes africaines qu’une phase finale de Coupe d’Afrique des nations ?
Les joueurs sont extraordinairement motivés par la Coupe du monde. Il y a toujours la même passion pour la Coupe d’Afrique des nations. Mais on constate qu’il est relativement plus facile de faire venir les joueurs professionnels (pour les éliminatoires du Mondial). […]
Parfois, certaines équipes sont pénalisées et ne participent pas à une phase finale de CAN parce qu’elles n’ont pas pu faire venir certains joueurs pour des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations. Parfois, aussi, les stages n’ont pas été organisés comme il le fallait. Ou les fédérations ne disposent pas des moyens nécessaires pour préparer des matches éliminatoires dans des conditions correctes.
Certaines des équipes africaines qualifiées pour le Mondial 2010 ont été en difficulté ces dernières années. Comment expliquer leur qualification pour le Mondial 2014. Cela signifie-t-il qu’elles ont une meilleure culture de la Coupe du monde ?
Quand on regarde le Cameroun, on se rend compte que ça va être sa septième Coupe du monde ! Ce n’est quand même pas n’importe quoi. Ça veut dire qu’il y a une culture de la performance dans ce pays. Les Camerounais ont un mental très fort, malgré des conflits d’intérêts. Et tout le monde sait se taire au moment où il faut franchir la ligne d’arrivée en premiers.
Je dis depuis trente ans que le Nigeria peut devenir le premier pays africain à gagner une Coupe du monde, si le football y bénéficie d’une organisation extraordinaire.
Le Ghana a une tradition de travail auprès des jeunes, garçons et filles. C’est sa troisième Coupe du monde de suite, après avoir atteint les huitièmes de finale (en 2006) et les quarts de finale (en 2010). Les Ghanéens ont une génération de joueurs talentueux qui est mature, plus une autre génération de jeunes joueurs qui arrive.
L’Algérie est une nation forte d’Afrique du Nord depuis longtemps.
Enfin, concernant la Côte d’Ivoire, est-ce qu’elle sera encore au top avec des résultats à la hauteur de ses ambitions ? J’ai le sentiment – mais j’espère me tromper – que cette équipe a été au sommet de son art en 2006 et 2008, et qu’elle est un peu en décrescendo depuis 2010. Mais il y a des jeunes joueurs ivoiriens un peu partout. Donc, (le sélectionneur) Sabri Lamouchi va pouvoir trouver le bon dosage pour les Eléphants.
En tout cas, on va avoir cinq équipes africaines qui auront gommé les erreurs de 2010. Avec cette expérience de la Coupe du monde en Afrique du Sud, on peut espérer de meilleurs résultats. Mais les qualifiés doivent se mettre au boulot dès maintenant. Il faut du travail, de la discipline et de l’organisation. Rien ne doit être laissé au hasard, car une Coupe du monde n’autorise pas la moindre erreur.
rfi.fr
Thu, 21 Nov 2013 12:48:00 +0100
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