« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Côte d’Ivoire : début des auditions victimes-bourreaux pour la «vérité»

De premières audiences publiques de bourreaux et de victimes de la crise politique ayant ensanglanté la Côte d’Ivoire entre 2000 à 2011 s’ouvrent lundi à Abidjan, dont les résultats s’annoncent plus qu’incertains trois ans après la fin des violences.

La Commission dialogue vérité et réconciliation (CDVR), qui les organise selon le modèle dit de la «justice transitionnelle» née dans l’Afrique du Sud post-apartheid, est la cible de critiques nourries dénonçant sa politisation et sa désorganisation patentes.

Dernière ligne droite d’un processus qui piétine, ces auditions «n’ont pas vocation à condamner ou à absoudre», mais «promouvoir une société qui refuse la violence, l’esprit de vengeance et l’impunité», a déclaré Charles Konan Banny, le président de la CDVR.

Leur importance symbolique se heurte toutefois à de lourds problèmes de fonds.

La Côte d’Ivoire sort d’une décennie de crise politico-militaire, durant laquelle des milliers de personnes périrent, depuis l’élection de l’ex-président Laurent Gbagbo en 2000, marquée par des dizaines de morts et la découverte d’un premier charnier, à celle de son adversaire Alassane Ouattara fin 2010, finalement investi en mai 2011 au terme de cinq mois de violences ayant fait plus de 3.000 victimes.

Le pays se retrouva physiquement coupé en deux après un coup d’Etat manqué en 2002, seul le Sud restant sous domination des forces loyales à M. Gbagbo, quand le Nord passa sous le contrôle de milices favorables à M. Ouattara.

La désignation par l’actuel chef de l’Etat de Charles Konan Banny, ancien Premier ministre issu de l’opposition sous Laurent Gbagbo, à la tête de la CDVR interpelle de nombreux observateurs.

«On ne pouvait pas choisir quelqu’un avec son profil», affirme une source à l’ONU sous couvert d’anonymat, car pour une telle entité, «on doit veiller à ce que le leadership soit réellement indépendant et qu’il ne soit pas exercé par un acteur de la crise à la fois juge et partie».
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Mon, 08 Sep 2014 19:48:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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