« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Côte d’Ivoire: Que celui qui a la mémoire courte la rallonge!

«La vie est une roue qui tourne». Tout le monde le sait. Mais il y a des gens qui font semblant de ne pas le savoir. C’est pourquoi la Révolution Permanente entend appeler tous les Ivoiriens à un devoir de mémoire aujourd’hui.
Pour l’instant, l’aigle n’a fait que survoler le Mont Péko et la Lagune Ebrié pour collecter quelques poussins sans toucher au poulailler. Mais l’heure vient, et elle est à moins d’une demie-coudée, où aussi bien le poulailler de l’imposture que la volaille de sacrifice seront emportés. Alors, quand cet instant viendra, que personne ne viennent dire qu’il avait oublié le passé.
Il y aura d’abord à se souvenir du passé putschiste de 1999. La Côte d’Ivoire avait perdu sa virginité un 24 décembre de cette année-là. Que personne n’oublie ce jour-là et les temps de zinzins et bahefouès qui en ont résulté.
Il y aura ensuite à ses ouvenir des nombreuses tentatives de prise de la RTI entre 2000 et 2002. C’était la bonne vieille époque où l’Etat n’avait pas le droit de demander à conducteur de mini car urbain appelé gbaka, de respecter le code de la route. Tout de suite, on traitait l’Etat de xénophobe et on déclenchait des mouvements insurrectionnels commandités par un certain parti politique appartenant à un économiste PhD en mensonge.
Il y aura notamment à ses ouvenir du 19 septembre 2002. C’était l’âge d’or de la délinquance adulte. L’Etat et les institutions ont été trucidés. Les peuples autochtones de Bouaké et de l’Ouest ont été humiliés. Des hauts cadres ont été massacrés. Des dizaines de Gendarmes et leurs enfants ont été égorgés et leur sang a servi de breuvage mystique. Il y a donc ce temps-là, dont il faut absolument se souvenir; parce que ce temps a perduré, il a fait des millions de malheureux qui ont perdu tout, absolument tout. Et jusqu’à ce jour, ce temps est l’unique référence dans l’histoire de la Côte d’Ivoire quand on veut parler de la naissance de la “bourgeoisie” des voleurs et des pillards.
Mais, la roue de la vie tourne. C’est d’une certaine façon, la manière la plus pudique de dire que, “tous les jours appartiennent au bandit, mais le seul qui appartiendra au propriétaire laissera au bandit, un souvenir amer fait de grincements de dents et de larmes de sang.”
Finalement, heureusement ou malheureusement, selon les intérêts en jeu, le jour du propriétaire pointe le bout du nez que déjà, leurs fesses tremblent derrière eux lorsqu’ils détalent comme de bon voleurs pour quitter corridors et casernes.
Mais, où vont-ils fuir pour aller? Le pays étant déjà clôturé.
Parce qu’il faut qu’ils ne puissent pas fuir, afin qu’ensemble, on se souvienne du passé. Pas cette fois-ci autour d’une tasse de café ivoirien, mais autour d’un brasier de colère bien ivoirienne.
Oui. On va se souvenir. Du passé qui est passé en bousillant le présent et l’avenir de millions d’enfants. Le passé qui n’est pas passé, parce qu’il fait des dizaines de Guérés massacrés chaque jour. Il faut qu’on ait la bonne mémoire pour qu’on se souvienne des moindres détails de tout ça.
Impérativement. Il faut avoir la mémoire forte, lucide, responsable et très longue. C’est la base primaire de la responsabilité. Pour ne pas qu’on se comporte comme des gens qui n’ont rien à se reprocher et qui seraient victimes de gens qui ne veulent pas leur bien pendant qu’ils sont au pouvoir, il faut qu’on évite les amusent du genre «je ne m’en souviens plus».
Non. Il faut se souvenir des attaques à la Mercedes noire. Il faut se souvenir de Soro Guillaume transportant les têtes de roquette à moto, remorqué en ces temps-là, par Koné Zakaria. Il faut se souvenir de ce même bougre, se déguisant en vieille dame à la tête voilée pour sortir d’Abidjan après l’attaque manquée du 19 septembre2002, alors qu’il était caché à Marcory chez un dignitaire du parti du sanguinaire, attendant que le coup marche pour aller lire son discours à la RTI.
Il faut se souvenir de la base arrière du Burkina Faso. Il faut se souvenir des mercenaires étrangers opérants désormais à visage découvert et arrogant. Il le faut. Il faut ses ouvenir de mon ami bien aimé Boga Doudou. Il faut se souvenir de l’humiliation de Laurent GBAGBO aux mains d’un certain Touré Hervé alias «Vetcho» le brandissant comme un trophée de guerre à lui remis par la Licorne. Bref.
Mais avant les souvenirs, il faut veiller et éviter d’être comme ces jeunes filles qui dans la parabole biblique, n’ont pas mis de l’huile dans leur lampe pour attendre l’arrivée de l’époux. C’est pourquoi il faut se souvenir chaque jour, à compter de la parution de la présente Chronique de la Révolution Permanente, que nous allons être moins bavards maintenant parce que d’autres voix plus autorisées vont s’adresser à vous.
Et pour le bien de tous, il faut se souvenir des consignes de sécurité que nous vous avons déjà données pour ne pas avoir à rencontrer le regard de feu des guerriers qui ne laisseront aucune bouche aller témoigner, au cas où des yeux sans mémoire viendraient à enfreindre à nos consignes pour les voir à l’œuvre, lorsque la trompète sonnera. Les temps vont changer. Et je vous ai prévenus!
Que Dieu protège la Côte d’Ivoire en cours de restauration!

A Très bientôt.
Hassane Magued

Mon, 20 Aug 2012 19:01:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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