Le dialogue républicain réclamé à maintes reprises par le Fpi aura lieu enfin. C’est le tout nouveau premier ministre de la Côte d’Ivoire, Me Jeannot Ahoussou Kouadio qui l’a annoncé avant-hier sur le perron du palais présidentiel au sortir d’une rencontre avec le chef de l’Etat. «Nous allons leur envoyer un courrier officiel pour reprendre le dialogue parce que nous sommes les enfants du dialogue», a confié le chef du gouvernement aux journalistes. Les observateurs de la vie nationale, désormais habitués au discours haineux du pouvoir et à l’animosité contre les pro-Gbagbo restent prudents devant ce changement radical de ton. Le régime Ouattara a-t-il enfin compris que le salut du pays passe par un dialogue franc et ouvert avec le Fpi de Laurent Gbagbo ? Difficile de répondre par l’affirmative quand on connait les vicissitudes de la vie politique ivoirienne.
En tout état de cause, et quelless que soient les conditions dans lesquelles cet engagement a été obtenu, on ne peut qu’encourager l’initiative. Pourvu qu’elle permette de trouver les solutions aux nombreux problèmes qui assaillent le pays depuis plus d’un an.
Le 11 avril, Laurent Gbagbo avait émis le veut que l’on passe à la partie civile du conflit. C’est, s’inscrivant dans cette vision que son parti, le FPI a très tôt écrit au chef de l’Etat pour qu’il ouvre les négociations avec son opposition significative afin que le pays s’engage dans la réconciliation vraie et sincère. A cet effet, le parti de Laurent Gbagbo a déjà déposé un mémo auprès des nouvelles autorités qui, à coup sûr, ont pris leur temps pour les examiner. On peut supposer qu’en décidant d’appeler le Fpi à la table de discussion dans un cadre officiel, le gouvernement a une idée précise de ce qu’il faut faire pour relancer la machine de la réconciliation nationale complètement en panne.
Jean Khalil Sella in Notre Voie