
Au-delà de l’écrasante majorité (44 contre 6) qui s’est dégagée autour de cette modification adoptée à main levée, il faudra s’attendre à une guerre de succession sans merci qui prolongera dans les années à venir, le débat sur l’opportunité d’une telle condition pour être éligible. La partie qui se joue en ce moment, se passe entre Issa Hayatou, président en exercice et candidat à sa propre succession, et Jacques Anouma, son challenger déclaré. Mais elle risque de tourner en eau de boudin pour le Camerounais si l’Ivoirien réussit à se porter candidat puisque, bien que visé, il n’est pas totalement concerné. Et on se demanderait comment une Confédération moderne a pu confectionner un texte rétrograde et anti démocratique.
Aude-là des deux hommes, la bataille des îles Seychelles plonge déjà le football africain entre pro-Anouma et pro-Hayatou. Le vote à main levée a caché bien des situations hypocrites et Dieu seul sait si le président Anouma revendique seulement 6 voix pour une cause qui n’est pas que la sienne. Les présidents des associations nationales auront en face d’eux, 13 membres d’un Comité Exécutif qui ne voudront plus lâcher leurs sièges puisqu’ils conduisent désormais directement à la présidence de la CAF.
Le plus conscient de cette situation reste sans aucun doute l’Algérien Mohamed Raouaraoua. Le président de la Fédération algérienne de football se bat sur deux fronts en ce moment. Il guerroie pour écarter Anouma mais surtout pour succéder à Hayatou. Ce n’est pas la première fois que Raouaraoua et Anouma croisent le fer. Il n’y a pas longtemps, au Caire, les deux hommes s’étaient affrontés pour une place au Comité Exécutif de la FIFA. Anouma l’avait emporté de justesse malgré le soutien de Issa Hayatou à l’Algérien.
Aux Seychelles, Raouaraoua semble déterminé à prendre sa revanche sur Anouma. Il est d’autant plus déterminé qu’il s’est mis dans l’anti-chambre pour succéder au Camerounais. Membre du Comité Exécutif comme Hayatou, Raouaraoua veut être le seul et le mieux placé pour succéder à l’actuel président. D’où sa bataille pour que triomphe l’amendement qu’il a présenté et qui a été adopté. Or il s’agit véritablement d’un compte à rebours entre lui et Anouma dans la perspective de l’après Hayatou, une guerre dans la guerre qui va encore creuser les clivages dans la maison CAF.
Litié BOAGNON in L’Inter
Wed, 05 Sep 2012 04:17:00 +0200
