
En remontant plus loin, on trouvera que c’est une pratique qui a été régulièrement éprouvée et qui consiste à isoler un groupe ethnique. On se souvient que Charles Donwahi avait dû prendre la parole , sans aucun mandat, pour parler au nom des bétés quand le pouvoir de Boigny voulait isoler Pierre Kipré, Koudou Kessié et Gbagbo Laurent qui posaient pourtant des revendications nationales puisqu’elles concernaient les franchises universitaires. Même les officiers supérieurs bétés de l’armée de Côte d’Ivoire avaient été mis à contribution. Là, c’était Zézé Baroan, chef d’état-major des FANCI, une armée présentée comme républicaine, qui s’était exprimé en leur nom.
Et Gbagbo avait dû partir en exil pour faire connaître son combat, un combat pour la démocratie et pour la Côte d’Ivoire.
En 1989, après le retour de Gbagbo de six ans d’exil à Paris, cette pratique infantilisante avait toujours cours. Joachim Djédjé Bagnon, aujourd’hui président du conseil régional de Gagnoa et membre éminent du PDCI, avait fait venir à Abidjan le vieux Zèpè Koudou chez Houphouët-Boigny , à l’insu du responsable politique de l’opposition clandestine qui avait dû faire une mise au point.
Gbagbo n’est pas un enfant pour qu’on demande pardon pour lui, à sa place. Il a pleinement conscience de son rôle historique. Il sait ce qu’il veut, et nous savons ce qu’il veut. Son combat n’est pas un combat pour Gagnoa, mais pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique. Toute instrumentalisation de l’ethnie est donc vouée à l’échec.
Alexis Gnagno
Fri, 02 Aug 2013 05:35:00 +0200
