décembre 8, 2022

Gestion de l’initiative PPTE / Jean Louis Billon : ‘’On construit de nouveaux palais présidentiels pendant qu’on n’a pas le 3e pont ’’

Photo : DR
‘’On construit de nouveaux palais présidentiels pendant qu’on n’a pas le troisième pont et qu’on a soixante mille étudiants dans une université construite pour six mille. Il faut savoir où mettre les priorités. C’est en Côte d’Ivoire seulement qu’on voit des ministres changer de train de vie en l’espace de six mois après leur nomination’’ a déploré Jean Louis Billon, se penchant sur les attitudes à adopter pour atteindre le point d’achèvement de l’initiative Ppte. Les élèves qui attendaient de cette conférence, vu leur forte mobilisation, ont beaucoup appris à travers le développement du thème. Le conférencier a d’abord fait l’historique de l’initiative Ppte dont, a-t-il expliqué, la première demande de la Côte d’Ivoire remonte à 1990. A l’en croire, les bailleurs de fonds y avaient opposé un refus estimant que la situation de l’économie ivoirienne lui permettait, à cette époque là, de faire face à sa dette au prix de quelques réformes. Un peu comme le cas de la Grèce aujourd’hui a-t-il ajouté. Ce n’est qu’en 2009, selon lui, avec une dette de plus de 6000 milliards de nos francs pour un budget annuel d’environ 2000 milliards que la Côte d’Ivoire a finalement été admise à l’initiative des pays pauvres très endettés (Ppte). Et ce, au regard de son insolvabilité vis-à-vis des bailleurs de fonds a-t-il ajouté. Parlant des enjeux, il a avoué que même si le terme de « Ppte » paraît galvaudant, c’est in fine, un grand espoir pour la Côte d’Ivoire. ‘’Si le programme économique est bien géré et qu’on atteint le point d’achèvement, les retombées pourraient changer le visage de la Côte d’Ivoire’’ a affirmé le maire de Dabakala. Et d’énumérer les conditions pour y parvenir : ‘’qu’on arrête la mauvaise gouvernance caractérisée par le gaspillage des ressources. Ce qui passe par l’assainissement de l’environnement des affaires. La réforme de la justice avec l’instauration de tribunaux de commerce à la place des tribunaux de droit commun, l’accélération des procédures administratives…’’. Il n’a pas omis son éternel combat contre le racket qui dit-il n’est enseigné dans aucune école de commerce et qui plombe l’économie ivoirienne dans son ensemble. Pour le président Billon le défi est grand et les perspectives sont prometteuses. Seulement a-t-il averti, il ne faut pas consacrer l’essentiel de nos ressources à la gestion de la crise. ‘’On est entrain de compromettre le futur. Aujourd’hui l’Angleterre va tenir ses élections générales et la date a été décidée depuis un mois. Nous en cinq ans, on n’est pas capable de fixer une date, de nous accorder sur une liste électorale, de distribuer des cartes d’électeurs et des cartes d’identité’’ a-t-il déclaré au sujet de l’environnement politique peu propice aux investissements selon lui. Terminant son exposé, il a appelé ses auditeurs du jour à croire en l’avenir tout en soulignant que les ivoiriens doivent apprendre de la crise et se servir de cette expérience pour le futur. La remise de présents par Mlle Ouattara Salimata, présidente du club d’économie et Bema Ouattara, proviseur du lycée technique, a mis fin à la cérémonie.

Avec le Partenariat de L’Intelligent d’Abidjan / S. Débailly

Thu, 06 May 2010 08:27:00 +0200

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