« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Arts et Culture

Hommage au Mwènè. Si Gabriel Okoundji m’était conté…

Promener sur le monde tel qu’il lui apparaît un regard clair, désabusé, honnête et scrupuleux. Voilà au sens le comportement désormais classique du «vieux » comme il aime à se faire appeler. Chez Gabriel Okoundji, tous les mots lui appartiennent en propre et semblent avoir été réinventés.

Ce n’est pas fréquent d’aborder sans appréhension un poète dans ce qu’il est. La mise en scène est si fréquente dans ces milieux « d’écrivain ». Image d’ange et faux sourire en public, regard fermé et détestable en privé. Triste contraste d’une vie où l’on veut à tout prix plaire à la masse et avoir ses faveurs en retour même si la déception n’est jamais bien loin…

Puis vous rencontrez le "Mwéné" en forme de poète inchangé et vous êtes stupéfait de l’admirer tonitruer, séduit par l’énergie d’un « vieux » qui ne se détruit pas. Il va rentrer dans une maison où vous l’attendez. Le bruit de sa voix comme toujours le précède. Son sourire aussi. Un mot, un éclat de rire, une attention, un regard rêveur…J’avais déjà écrit en 2009 après la lecture de Au matin de la parole que «Gabriel Okoundji n’est pas seulement un poète, c’est la poésie même ». Deux ans après, j’avais la claire confirmation…

L’hommage de Villenave-d’Ornon

La ville de Villenave-D’ornon dans la région bordelaise et l’association « France-Aquitaine-Congo » lui ont d’ailleurs rendu un hommage fort le jeudi 22 septembre dernier au Parc Soureil avec la présence du maire de la ville, du consul honoraire du Congo à Bordeaux, de la conseillère culturelle de l’ambassade du Congo à Paris et de plusieurs invités venus de tout Bordeaux soutenir le poète. Il s’est d’ailleurs vu remettre par le maire lors de cette cérémonie, la médaille de citoyen d’honneur de la ville de Villenave-D’ornon après avoir reçu quelques mois avant, celle de la ville de Bègles.

Hommages forts donc rendus à un poète d’ampleur considérable dont les clés du succès se trouvent dans sa vie. Le village Okondo (nom qu’il a donné à sa résidence) peut se vanter d’abriter l’Homme. Le Vieux. Le Poète.

Zacharie Acafou

Mon, 03 Oct 2011 22:38:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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