février 8, 2023

La galère des militaires ivoiriens

Dès sa prise de fonction, la première décision prise par l’actuel Chef d’État est de supprimer la prime alimentaire que le Gouvernement de Côte d’Ivoire octroyait aux hommes qui se battaient pour maintenir le Pays debout. Bien que la fin des hostilités depuis 2005 ne justifiait plus le versement d’une telle prime, le Président Gbagbo l’a maintenue. Question pour lui d’améliorer un temps soit peu les conditions de vie des militaires en attendant que la crise finisse et que, dans le cadre de la loi de programmation militaire, il engage la restructuration de l’armée Ivoirienne avec son corollaire d’amélioration globale des conditions de travail et de vie des militaires ivoiriens.
Dans la foulée de cette décision pleine de mépris parce que prise et exécutée sans la moindre considération pour les hommes anciennement en arme que nous sommes (nous ne sommes plus armés). le nouveau pouvoir va infliger une autre humiliation aux militaires. Des hommes et femmes qui, pendant des décennies pour certains, sont régulièrement virés dans des banque, vont être payés à la caisse pendant trois longs mois. Il fallait voir comment des Officiers Généraux, des Officiers Supérieurs et subalternes, des Sous officiers et des hommes de troupe se bousculaient pour percevoir leurs émoluments. Cela a fait dire à un militaire : c’est le début de l’humiliation pour les FDS, qui ont eu le malheur de faire par devoir cette guerre. Qu’il a raison ce frère d’arme. En effet cette parole de ce militaire est une véritable prophétie dont l’accomplissement dévoile chaque jour un plan B, dans la construction de l’armée dite nouvelle.

D’abord dans la désignation des Chefs des Grands Commandements. Alors que l’ensemble des militaires s’attendaient à une mise en œuvre du volet militaire de l’accord de Ouagadougou, que non ! Monsieur le Président va nommer à l’Etat Major des Armées le Chef des forces nouvelles, le Gal Bakayoko et à la tête de la Gendarmerie le Gal Kouassi Kouakou Gervais. Ces deux nominations ont finit de convaincre les militaires et Gendarmes qu’ils ne sont pas sortis de l’auberge. Questionnez le premier Gendarme venu et vous saurez qui est le Commandant Supérieur de la Gendarmerie. Son meilleur atout est le tribalisme et la mutation des gendarmes reflète ce point de vue. Si ce n’est que nous ne voulons pas choquer les ivoiriens, nous aurions publié les différentes mutations qui ont eu lieu sous son Commandement.
Soumaïla Bakayoko lui, continue sa guerre contre les FDS. Il n’ya pas longtemps, dans une ignominie la plus méprisable, l’homme s’est surpris en train de dire comme un Chef rebelle: << les Policiers et les gendarmes sont les complices des assaillants >>. Qu’est ce qui peut pousser un Chef d’Etat Major, soucieux de bâtir une armée homogène, à parler aussi légèrement? Les ivoiriens sont témoins de toutes les humiliations qui découlent de ce genre de propos. Aujourd’hui, les FRCI raflent gendarmes et Policiers, les enferment dans leurs différentes casernes en violation de toutes règles procédurales en toute impunité. De toute façon le Chef d’Etat Major qui est certainement le nouveau Commissaire du Gouvernement, les a jugés et condamnés d’avance.

La série d’humiliations se poursuit et la plus inacceptable pour un militaire est qu’il se retrouve sans arme. On dit dans l’armée que l’arme est la femme du militaire. Pour rien au monde il ne doit s’en séparer. Pendant et à l’occasion du service, le militaire porte à chaque instant son arme. Il dort avec elle. Mais que constatons-nous? Depuis la fin de la crise, plus aucun Policier ou Gendarme n’a le droit de porter une arme. Ils luttent à plusieurs les quelques fusils en dotation dans leur unité. Est-il raisonnable que cinq personnes assurent un service avec une seule arme? Ils sont surveillés, d’après l’immensimissime Ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, par les FRCI. Des hommes formés pour le maniement des armes, sont surveillés par ceux qu’on a ramassés dans les rues à qui on a donné les armes et qui se comporte en véritable gueux sur nos routes. C’est dur à vivre pour les militaires. Surtout qu’on ne leur explique rien. Vivant continuellement dans la peur, quatre vingt pour cent des militaires ivoiriens vivent loin de leur famille. Cela leur fait courir de graves risques sur le plan santé et déstabilise leur équilibre familiale et financier. Selon leur propre terme, ils payent deux popotes, se louent des maisons etc.… L’éducation de leurs enfants incombe désormais à leur épouse seule. Les moyens financiers se raréfiant, ils ont commencé à s’endetter auprès des margouillats. En moins de deux années d’exercice du Pouvoir d’Etat par Monsieur Allassane Ouattara, les militaires ivoiriens qui avaient fière allure sous Laurent Gbagbo, sont réduits à leur plus simple expression. Mais le pire est à venir.

Suite aux attaques répétées contre les positions des FRCI, et suite à la condamnation sans jugement prononcée contre les Policiers et Gendarmes par le très Grand Chef d’Etat Major des Armées, le Président a encore décidé de les faire payer à la caisse (main en main selon eux). Cela a suffit pour que les établissements de crédits refusent aux militaires ivoiriens, les prêts scolaires et autres formes de prêts qui devaient leur permettre de scolariser leurs enfants. C’est intenable. Ils ne savent plus à quel saint se vouer. Désormais convaincu que leur employeur n’a certainement plus besoin d’eux, ils expriment leur colère à qui veut l’entendre. Ils regrettent de ne plus être une priorité pour l’Etat. Ils se rendent compte qu’on les pousse dehors en les détruisant à petit feu. C’est justement ça qui leur fait craindre la mise en œuvre d’un plan B qui ne dit pas nom contre eux.
Dommage, mille fois dommage que le pouvoir RDR n’est pas réussit à se fidéliser les militaires ivoiriens qui sont naturellement loyaux.

Un groupe de militaires ivoiriens

Tue, 09 Oct 2012 22:48:00 +0200

0

Laisser un commentaire

Nous utilisons des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience possible sur notre site Web. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre utilisation des cookies.
Accepter
Refuser
Privacy Policy