« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Arts et Culture

Obsèques d’Amédée Pierre / Hommage scientifique, l’œuvre du «Dopé» expliquée par ses pairs

L’œuvre de l’artiste Amédée Pierre a été revisitée sous différents angles par des hommes de lettres, de culture et de média le mercredi 11 janvier à la salle Christian Lattier du Palais de la Culture de Trechville. Premier impresario d’Amédée Pierre, le professeur Zadi Zaourou – que l’on voit sur une photo, agenouillé auprès d’Amédée à la Villa Ki Yi en 1985 – s’est prononcé sur le caractère poétique des œuvres de l’artiste. «Génie de la parole», Amédée Pierre reste pour Zadi Zaourou un «poète aux multiples noms». Pour Zadi Zaourou, les textes profonds d’Amédée Pierre – qui le lient au terroir – embrassent plusieurs thématiques. Pour la traduction des chansons de l’artiste, le professeur Zadi Zaourou a sollicité le musicologue Valen Guédé qui a trouvé «immense» l’œuvre d’Amédée Pierre. «Regard du musicologue», a été le thème de sa communication. Si Amédée Pierre demeure le précurseur de la musique traditionnelle d’inspiration moderne – il a été le premier à ajouter la guitare à la voix traditionnelle –, Valen Guédé explique qu’il a été cependant influencé par des rythmes afro-cubains et l’on découvre en plus du Chachacha et la Cuela, du High life et de la Rumba dans la musique d’Amédée baptisé le Dopé National. «Mais Amédée Pierre mérite mieux parce qu’il a rendu beaucoup à la musique», a soutenu Valen Guédé. «Il est non seulement le premier parmi ses pairs, mais il demeure le maître d’un nombre important d’artistes chanteurs et compositeurs de renom», a précisé le professeur Zigui Koléa qui a communiqué sur le thème «Amédée Pierre, oracle de son temps». Ainsi l’orchestre d’Amédée Pierre, Ivoiro Star qui est pour Zigui Koléa une école, a révélé soit des instrumentistes, soit des artistes choristes : Ernesto Djédjé, Eugène Kpèné Gogoua, Martino Zog, Martial Droubli, Armand Lido Pascal et Simplice Séri. C’est alors que dans «Oléyê», Amédée Pierre se présente comme le «père des artistes de la ville, le père des artistes traditionnels». Pour Zigui Koléa, Amédée Pierre qui convainc par le chant (Oléyê) l’auditoire, s’est imposé comme l’oracle (dont l’opinion fait autorité) de son temps. Le professeur Dédi Séry qui explique qu’il faut «respecter et suivre les artistes» a déploré que Amédée Pierre est apparu «comme un prophète qui n’a pas été suivi». Le directeur général de l’Insaac, Tiburce Koffi qui a «proposé des voyages de sa mémoire pour parler d’Amédée Pierre» qu’il a connu en mars 1980 à son retour de Paris où il a enregistré Mossio Mossio, a fait une adresse à son «papa» : «Tu m’appelais fiston, moi je t’appelai Papa. Tu es parti, ça m’a fait mal. Est-ce qu’on t’a trahi ? Je ne sais pas !». De l’avis de Wèrè Wèrè Liking, la reconnaissance des siens à Amédée Pierre, c’est lui rendre «ce qu’il mérite». L’artiste peintre Djiré Mahé, a offert un tableau à Séry Gnoléba, le président d’honneur du comité des obsèques de l’artiste Amédée Pierre.

Koné Saydoo in L’Intelligent d’Abidjan

Fri, 13 Jan 2012 04:15:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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