« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

PRÉSIDENTIELLE – Déposer un recours ou pas, le dilemme cornélien de l’opposition gabonaise

La Cour constitutionnelle est appelée la Tour de Pise par l’opposition, car elle pencherait toujours du même côté, celui du pouvoir. Le camp de Jean Ping dénonce en premier lieu, sa composition, car ses neuf juges sont nommés par le président du Sénat, par celui de l’Assemblée et par le chef de l’Etat lui-même. La présidente de la Cour est quant à elle choisie parmi les membres désignés par le président Bongo.

Mais l’opposition ira-t-elle devant la Cour constitutionnelle ? Pour l’instant, les adversaires d’Ali Bongo exigent surtout un recomptage des voix devant la Commission électorale, sous le regard d’experts. Hors de question pour le pouvoir, qui affirme que cette option n’est pas prévue par la loi.

Car si l’opposition fait le choix du recours et que la Cour constitutionnelle la déboute, elle risque de se retrouver comme « liée » par cette décision de la plus haute instance juridique du pays et la base risque alors de lui reprocher sa naïveté. « On sait d’avance qu’y aller c’est se condamner, mais si on n’y va pas, on va nous reprocher d’être des va-t-en-guerre », souligne un des leaders de l’opposition. « Voilà pourquoi nous continuons à demander un recompte des voix bureau de vote par bureau de vote pour la province du Haut-Ogooué en présence des observateurs internationaux et en présence des représentants des candidats. »

« Quoi que nous fassions, on va nous le reprocher »

Mais même si elle n’a pas confiance, l’opposition pourra-t-elle se passer de la Cour constitutionnelle ? Une bonne source explique que ce choix serait difficile à justifier auprès de la communauté internationale, qui demande à ce qu’on utilise les voies légales de recours. « Nous ne pouvons pas prendre le risque de ne pas être compris, surtout à l’extérieur », affirme un proche de Jean Ping qui explique : « Nous savons bien qu’en France, en Allemagne ou aux Etats-Unis, épuiser les voies de recours, c’est quelque chose de naturel. »

« Quoi que nous fassions, on va nous le reprocher, nous le savons, reconnaît Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean-Ping, mais nous prendrons nos responsabilités. »
Lire la suite

Thu, 08 Sep 2016 09:30:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

3 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.