Trois mois apres le changement de regime Ouattara-Soro: qui gouverne au Nord ?

Voilà trois mois qu’Alassane Ouattara exerce l’effectivité du pouvoir. Mais depuis, la partie du Nord tenue près d’une décennie durant par l’ex-rébellion, semble encore sous le giron de Guillaume Soro et ses troupes. Les Forces nouvelles qui administrent ces zones ex-assiégées, n’y ont pas encore démantelé le système administratif qu’elles y ont mis en place pour la gestion de ce vaste territoire. Trois mois après l’installation de Ouattara au pouvoir, rien ne semble avoir changé dans ce dispositif. Comme en témoigne la récrimination du délégué des transporteurs à la faveur de la rencontre que les populations de Bouaké ont eue avec le secrétaire général adjoint des Forces nouvelles, le colonel Bamba Sinima, samedi 23 juillet dernier. « On se demande si le président Alassane Ouattara gouverne le Nord, puisqu’on continue de nous faire payer les laissez-passer comme par le passé », a-t-il déploré en substance sur Onuci.fm, dénonçant au passage le retour en force du racket comme à l’époque où le régime Laurent Gbagbo régnait au Sud uniquement . Le mot est donc lâché. Qui de Ouattara et Soro gouverne au Nord ? On peut légitimement se poser cette question quand dans les zones régentées par les Forces nouvelles, tout se passe encore comme autrefois. Les Forces nouvelles en tant qu’entité juridique, ont subsisté au changement de régime qui s’est opéré au Sud, pour ainsi dire. Leur aile politique n’est pas morte: elle maintient son organigramme et ses organes (secrétariat, délégués etc.) comme si de rien n’était. En tant qu’autorité politique, c’est cette aile politique qui pense aujourd’hui l’administration de toute la zone. La sécurité, la politique économique, tout est maintenu en l’état, tel que conçu par les autorités des Forces nouvelles. La structure tenant lieu de Trésor public des zones ex-assiégées, la Centrale, n’a pas encore été démantelée. Toutes les recettes financières engrangées dans cette partie du pays restent gérées par la Centrale. On l’aura compris, l’unicité des caisses que préconisait l’accord de Ouagadougou, reste pour l’heure au stade de vœu pieux. Les recettes douanières et fiscales sont loin d’être passées sous le contrôle du locataire du palais présidentiel du Plateau. La sécurité est l’affaire des ex-combattants des Forces nouvelles, dont beaucoup s’adonnent toujours au racket pour se payer, comme ils disent. De leur côté, les chefs de guerre règnent en seigneurs des provinces comme avant la chute du régime Gbagbo. La réunification du pays, que l’on prétendait effective du temps où Gbagbo était aux affaires, est loin d’être une réalité. Les préfets et sous-préfets n’ont toujours pas l’effectivité de leur fonction, de sorte que les populations préfèrent s’en remettre aux autorités de l’aile politique des Forces nouvelles pour trouver solution à leurs préoccupations. Dans ces conditions, difficile de dire que le Nord est entré dans la République, trois mois après l’installation d’Alassane Ouattara au pouvoir.

Assane NIADA in l’Inter

Tue, 26 Jul 2011 09:32:00 +0200

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