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    La Liberté d'Informer

    VERITAS – Préserver l’instrument de lutte des Ivoiriens

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Nov 20, 2021

    Il faut l’affirmer sans ambages. Selon nos reporters, témoins de la rencontre, mais également au dire de certains participants, le comité central ordinaire du front populaire ivoirien (fpi, ex-parti au pouvoir et principal formation de l’opposition ivoirienne) qui s’est tenu, le samedi 30 août 2014, à l’ex-QG de campagne du président Gbagbo à Abidjan-Attoban, a été un désastre au double plan de la discipline et de la cohésion du parti. Des personnalités respectables du Fpi, d’anciens ministres de la république, ont failli en venir aux mains tels des chiffonniers.
    le comité central qui devrait plancher, en toute sérénité et responsabilité, sur des sujets importants d’actualité comme la présence du Fpi au sein de la nouvelle Commission électorale indépendante (Cei), a plutôt été transformé en une plate-forme éhontée de pugilat.
    Samedi dernier, ce n’était pas le Fpi de Laurent Gbagbo qui était en action.
    Ce n’était pas la formation politique créée par le père de la célèbre maxime « Asseyons-nous et discutons » qui était réunie. Ou du moins, certains membres du comité central étaient véritablement des héritiers de la philosophie politique de Gbagbo, pendant que d’autres constituaient des syndicalistes encagoulés dont la mission était ailleurs. Ce samedi-là, le Fpi était méconnaissable !
    l’instrument de combat pour la démocratie et les libertés que Laurent Gbagbo et ses amis ont fondé dans la clandestinité dans une palmeraie de Dabou, dans les années 1980, années de braise du parti unique et de la dictature Houphouët, et qu’ils ont mis officiellement à la disposition des ivoiriens depuis 1990 est aujourd’hui à la croisée des chemins. le Fpi est en
    proie à un conflit de leadership sans précédent. Logiquement, une telle réalité n’est pas dommageable. Puisque c’est le phénomène auquel sont confrontés tous les grands partis longtemps dirigés par de grands leaders. Quand ces derniers arrivent à quitter la scène politique momentanément ou définitivement, la guerre de succession se déclenche. On l’a vu avec le Pdci-rda après le décès de Félix Houphouët-Boigny. Ou avec l’ANC suite à la retraite politique de Nelson Mandela après un mandat à la tête de l’État sud-africain. Gbagbo n’est
    ni mort (je touche du bois), ni en retraite politique. Il est en prison à La Haye. Détenu injustement depuis le 30 novembre 2011 pour avoir réclamé le respect de la souveraineté de la
    Côte d’ivoire. Pendant que le président Gbagbo est le prisonnier politique de la communauté internationale, son parti, le Fpi ; l’instrument qui doit être le fer de lance de la lutte pour sa
    libération se trouve trainé dans les égouts, écartelé pour être livré à toutes sortes de rapaces. Le respect mutuel, la démocratie, la cohésion, la discipline du parti…tout à foutu le camp !
    Le président du parti est banalisé et son autorité bafouée, des membres de la direction du Fpi sont humiliés par leurs camarades, des rumeurs sont distillées dans la presse pour affaiblir
    la tête du parti, des clans se forment etc. Le Fpi court vers l’implosion si rien n’est fait.
    À la vérité, la question Gbagbo ne sert plus que de prétexte, de cache-sexe pour certains afin de faire aboutir leurs ambitions personnelles. La libération du président Laurent Gbagbo ne constitue pas une priorité à leurs yeux. Dans le cas contraire, ils auraient appréhendé l’intérêt d’une rencontre comme celle du comité central du samedi dernier. Quelle stratégie adopter pour que Gbagbo soit libéré ? C’est au cours d’une telle rencontre qu’on peut en parler. Doit-on choisir la voie du dialogue, de la diplomatie et de la politique pour y arriver ? Ou faut-il prospecter une autre option ? C’est au secrétariat général puis au comité central que le Fpi en discute pour dégager une position. Et cela au terme d’échanges contradictoires apaisés.
    Au nom de la démocratie dont Laurent Gbagbo est le père en Côte d’ivoire. Le Fpi ne peut avoir souffert le martyre pour la démocratie dans ce pays depuis 1990 et constater, 24 ans plus tard, que le vote ainsi que la liberté d’expression qui sont des facteurs de démocratie soient fortement mis à mal au cours d’une réunion des hautes instances de ce parti. Il est grand temps, pour les uns et les autres, de se ressaisir. Afin de préserver le Fpi. Cet instrument de lutte que Gbagbo a mis à la disposition de tous les Ivoiriens. Sans distinction d’ethnie, de
    religion et de race.

    Par Didier Dépri
    In Notre Voie

    Mon, 01 Sep 2014 12:04:00 +0200

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