Côte d’Ivoire – Économie : l’option industrielle qui ne vient toujours pas !

Ivoiriennes, Ivoiriens, chers Amis !

Ayant eu, dans le passé, une activité professionnelle dans le secteur des transports et de la logistique, et même à en être responsable au sein du gouvernement de la Côte d’Ivoire, il va de soi que nous sommes restés attentifs à toute information qui peut nous parvenir en relation à cet important secteur de la vie et du développement économique de notre pays.

La semaine dernière, les télévisions et la presse écrite ont largement couvert le lancement, mardi 2 juillet 2024, d’un atelier de 3 jours consacré au << programme automobile de la Côte d’Ivoire >> dont le livre blanc a été adopté en conseil des Ministres le 20 décembre 2023. Ce document proposait les 20 mesures clés que le gouvernement devait prendre pour créer en Côte d’Ivoire, les conditions de l’émergence d’une véritable industrie automobile.

L’on était même déjà rassuré du succès de cette étape préalable puisque l’Afrexim Bank s’y impliquait déjà, et qu’un cabinet d’expertise sud africain de notoriété internationale, B et M.Analysts, était déjà à l’œuvre aux côtés du Ministère du commerce et de l’industrie.

C’est en octobre 2024 que, officiellement, ce programme sera présenté aux autorités, aux investisseurs et au public, lors d’un show événementiel de haute volée, au Palais des Expositions D’Abidjan.
Apprendre que la Côte d’Ivoire va dans un futur proche, compter parmi les quelques pays africains qui fabriquent, montent et exportent des véhicules automobiles et leurs composants et équipements, ne peut que réjouir tout citoyen de notre pays, et flatter sa fibre nationale.

Mais cela ne saurait nous voiler que c’est après 10 mois, et peut être même une année, que les compétences multidimensionnelles et hyperpointues d’une administration en place depuis 14 ans, et qui s’est créé et arrogé le grand label de “l’émergence”, va nous livrer, << les dispositions minimales à arrêter pour créer les fondements de développement d’une industrie automobile viable >> d’une part, et ensuite les critères pouvant assurer << la compétitivité de l’assemblage et de la fabrication des composantes automobiles >>.

Car, à partir de cela, combien de mois ou d’années faudra t-il encore attendre pour voir les premiers véhicules sortir des usines ou ateliers ?
La Côte d’Ivoire n’est pas totalement néophyte en matière de production de véhicules, et dans les années 1970, le groupe français RENAULT, et un consortium japonais conduit par le constructeur HINO MOTORS, avaient déjà acté en la matière.

Le marché de l’automobile est l’un des plus fluctuants qui soient puisque les populations, selon les tranches d’âge et d’activité, ont leurs besoins et leurs goûts qui changent constamment. Nous devrions encore avoir les Ateliers Centraux de la SOTRA dont les équipements étaient un trésor pour toute entreprise en mécanique, tôlerie et peinture, et on y produit peut-être encore des minibus sous la houlette du groupe IVECO.

Le projet annoncé à grand bruit d’un grand pôle industriel à proximité du port de San Pedro est-il encore en vie ?
Nonobstant le souci d’obtenir des financements lourds, et, à des conditions privilégiées, l’on n’a pas besoin de convoquer des fanfares ou balafonades lorsque l’on décide qu’un pays comme la Côte d’Ivoire a atteint un stade de son développement où son économie devrait ajouter l’industrie automobile à son dispositif industriel global.

La Côte d’Ivoire bénéficie d’une position géographique centrale en Afrique de l’Ouest, et a le plus fort potentiel économique, en plus d’une démographie qui a explosé et en fait déjà le premier marché, le Nigéria étant à enregistrer en off. C’est d’ailleurs l’accumulation des retards pris par le Nigéria, dans son développement économique, du fait de nombreux facteurs connus, qui permet d’avancer que ce vaste pays à forte démographie pourrait même se révéler un marché cible pour les Industries Ivoiriennes pour au moins encore 2 ou 3 décennies.

Les 3 grands types de véhicules proposés, à savoir les cars et attelages d’abord, puis les véhicules de transport de 18 à 32 places, et enfin les voitures sont bien cernés depuis des années, et les 6 à 10 grands industriels mondiaux de l’automobile ont déjà leur panel à offrir aux investisseurs intéressés, en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud.

Si, depuis 14 ans, la Côte d’Ivoire avait pu susciter 3 nationaux pour chacun de ces types de véhicules, et mobiliser des fortunes nationales pour constituer des packs d’investisseurs, il ne fait pas de doute que nous devrions avoir déjà des véhicules << made in Côte d’Ivoire >> sur nos routes, et exportés dans tous les autres pays, y compris le Nigéria.

Et peut-être qu’aujourd’hui, l’ordre du jour serait à la mobilisation internationale pour la construction des premières acieries devant fournir ces usines, et les nombreux fabricants de pièces détachées et accessoires, en éléments métalliques.

La lenteur de l’Afrique Noire à opter résolument pour l’option industrielle et manufacturiere, en complément et en support à son agriculture, a grandement bénéficié aux pays d’Afrique du Nord tels que le Maroc et la Tunisie, de même qu’à l’Égypte.                                                                                                                                                             C’est d’ailleurs le marché de l’Europe du Nord, plus riche et plus juteux, qui est désormais la cible de leurs industries, toujours développées en partenariat avec des multinationales d’Europe, d’Amérique et d’Asie.

Nous ne nous lasserons jamais d’interpeller le Président Alassane Ouattara, sous le regard des Ivoiriens, que même au cours de son troisième mandat, après donc bientôt 15 ans à la Présidence, les mesures premières pour booster l’énorme potentiel économique et humain de la Côte d’Ivoire ne sont pas encore en cours d’effectivité, au cas encore où elles auraient été adoptées et entretenues par une volonté politique effective.

Devant tous, il est avéré qu’en matière de développement industriel, et en prenant un pan de référence tel que l’automobile, la Côte d’Ivoire a reculé et stagne depuis près de 30 années !
Il n’est heureusement jamais tard, puisque la vie du pays et de ses hommes ne s’arrête pas, et reprend tous les matins avec le soleil.

C’est le seul intérêt de la Côte d’Ivoire qui est à suivre et poursuivre !
Merci de le comprendre et partager avec nous !
Vive la Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan, le 10 juillet 2024

MInistre Kobena I. ANAKY
Président du MFA

Retrouvez La Chronique du Président Kobena I. ANAKY tous les mercredis sur www.ladepechedabidjan.info

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