Le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire a organisé une conférence de presse, dimanche 10 août, afin de dénoncer l’arrestation du ministre d’État Moïse Lida Kouassi, vice-président du Comité Stratégique et Politique (CSP) du parti, ainsi que celle de l’ambassadeur Koné Boubacar.
Lors de cette rencontre, le professeur Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI, a affirmé que son parti reste fermement opposé à la quatrième candidature d’Alassane Ouattara, même si ses membres subissent des arrestations et une forte répression.
« Je voudrais saluer les militants, sympathisants et tous les Ivoiriens épris de justices et de paix pour la mobilisation exemplaire et discipline dont ils ont preuve ce samedi 9 août 2025 à Yopougon. C’était tout simplement extraordinaire et magnifique. Bravo et bonne continuation.
A l’approche de la date fatidique de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 et plus particulièrement depuis l’annonce de la candidature anticonstitutionnelle du Président Ouattara une fébrilité soudaine est en train de s’emparer du pouvoir au point d’engager une opération d’intimidation et de répression avec l’intensification d’un harcèlement judiciaire et politique des militants du PPA-CI.
Alors que 6 de nos camarades brutalement et illégalement enlevés par des hommes encagoulés les 2 et 3 aout 2025 à Yopougon sont toujours introuvables et que 6 autres ont été soumis à des interrogatoires pendant 18 heures avant d’être relâchés, aujourd’hui encore pendant que nous préparions la marche de Yopougon, ce sont trois autres camarades qui sont convoqués à la préfecture de police le vendredi 8 aout. Ce sont le Ministre d’Etat LIDA KOUASSI Moïse, l’Ambassadeur KONE BOUBACAR et le colonel KEKE Joël. Si le colonel KEKE a été libéré le samedi 9 aout vers 10H au moment où la manifestation de Yopougon se tenait, les deux autres c’est-à-dire LIDA et KONE sont toujours en garde à vue.
Les derniers cités sont des hautes personnalités qui ont servi l’Etat de Côte d’Ivoire et qui méritent un minimum d’égard.
Ce sont deux membres des instances de notre parti, le Ministre Moïse Lida KOUASSI et de l’Ambassadeur Boubacar KONÉ, Ils sont placés en garde à vue dans des conditions dont la légalité et la conformité aux garanties constitutionnelles suscitent une profonde inquiétude. Ces pratiques constituent une atteinte grave aux principes fondamentaux inscrits dans notre Constitution et bafouent les droits protégés par nos lois nationales, et nos engagements internationaux.
Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) tient à manifester avec la plus grande fermeté sa solidarité indéfectible à l’égard de ces deux personnalités, dont la contribution au renforcement de la démocratie et à la sauvegarde de l’État de droit est largement reconnue.
Le PPA-CI exige la libération immédiate du Ministre d’Etat LIDA KOUASSI Moïse, l’Ambassadeur KONE BOUBACAR et de tous les prisonniers d’opinion de tous bords
Nous rappelons au passage que près de 100 prisonniers politiques croupissent dans les geôles.
Au vu de toutes ces pratiques, nous nous interrogeons: Pourquoi cette propension du pouvoir à l’humiliation, à l’intimidation et à la répression de ses adversaires politiques.
Pourquoi tous ces agissements.
Est-ce pour étouffer toute contestation relative au 4è mandat anticonstitutionnel du Président OUATTARA ? Est-ce un moyen pour museler le PPA-CI afin de braquer l’élection d’octobre 2025 ? Est-ce cela l’engagement pris par le chef d’Etat pour l’organisation d’élections transparentes et paisibles? La transparence de l’élection présidentielle et la paix sont- elles à ce prix ?
Ces pratiques sont inquiétantes d’autant plus que des informations de plus en plus récurrentes font état de la mise sous cloche de tous ceux qui osent porter des voix discordantes de celles du pouvoir : il nous revient aussi qu’une liste de personnalités de l’opposition a été établie.
Face à toutes ces épreuves difficiles, le Parti réaffirme son soutien total et appelle à ne jamais céder à l’intimidation qui ne saurait entamer ni la détermination, ni l’engagement de ses responsables, ni celui de l’ensemble de notre organisation et de tous les Ivoiriens en lutte car la cause que nous défendons est une cause noble et nationale.
En tout état de cause, un dialogue national est nécessaire pour garantir des élections apaisées, et crédibles; et à ce titre le PPA-CI a adressé deux courriers au gouvernement depuis le mois de février 2024, nous lançons un appel à la vigilance et à la mobilisation de nos militants de ne point se détourner de l’objectif principal, à savoir : le refus du 4ème mandat anticonstitutionnel, l’inclusivité des élections, ni réforme de la CEI, l’audit de la liste électorale, et le dialogue politique. »
Le ministre Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI

