Ivoiriennes, Ivoiriens, chers Amis !
Embarqués que nous sommes tous, Ivoiriennes et Ivoiriens, dans les radeaux qui filent à toute allure vers cette élection présidentielle du 25 octobre 2025, avec l’étape du dangereux récif de la publication des candidatures validées par le Conseil Constitutionnel, avons nous cependant le droit de cesser d’être attentifs à la manière dont notre cité, notre village unique et commun, la Côte d’Ivoire, est gérée, au jour le jour ?
Ce serait un grand tort, une hérésie même, et je me confonds déjà en plates excuses, d’avoir osé vous poser une telle question !
Surtout que ceux qui ont encore en charge la conduite de nos affaires communes sérinent et martelent qu’ils sont les meilleurs gestionnaires de la chose publique au monde; et que c’est forts de cette prétention qu’ils réclament et veulent imposer que leur grand Chef demeure encore en place, après 15 années, prélude à une inamovibilité à vie !
Il y a, cependant, de menus faits qui interpellent et dérangent les modestes citoyens que nous sommes et qui portons intérêt à certains pans très précis de la vie de l’état.
Nous sommes depuis quelques jours abreuvés des prouesses de la compagnie aérienne Air Ivoire, qui serait la première dans la sous région, et qui vient, grâce à l’intercession et investissement personnel du Grand Empereur, de faire acquisition d’un avion long courrier Airbus A 330-900 Neo, dernière merveille high tech de cette industrie, et qui la fera forte de s’attaquer à la liaison Abidjan/ Paris/ Abidjan.
Mais en quoi est ce que manager des vols Abidjan/Paris est extraordinaire ou hors norme, un travail d’Achille ? Nos amis et frères Toubabous de Air France l’assurent deux fois par jour, et même Corsair, qui leur appartient, le fait lui aussi une ou deux fois au quotidien ! Ils n’ont pas eu besoin, pour ce faire de commander des vaisseaux spatiaux, puisqu’ils sont équipés par le même industriel Airbus.
Et tous les africains savent que le défunt Air Afrique partageait la ligne directe Abidjan/Paris avec Air France ou U.T.A, jusqu’à ce qu’il soit amené à s’enterrer vivant pour laisser Air France évoluer seul sur cet axe Abidjan/Paris qui reste la ligne plus rentable de cette compagnie aérienne qui est pourtant active dans presque tous les pays du monde ! C’est l’un des plus grands dirigeants de Air France qui eut l’honneur de venir enterrer Air Afrique sous les regards muets des Chefs d’Etat Africains qui ployaient sous le poids des dettes de leurs pays et n’avaient pas droit au chapitre !
Mais, tout de même, pourquoi le Air Côte d’Ivoire actuel, créé en 2012, dans la gloire de notre Empereur, a t-il attendu près de 13 ans pour s’attribuer le quota minimal de passagers qui lui est réservé d’office entre Abidjan et Paris ? Puisque les avions à affréter n’ont jamais fait défaut, et que même Air France et Corsair, avec leur monopole de fait sur le Abidjan/Paris, y ont régulièrement recours ?
Air Côte d’Ivoire a certainement dû suivre le plan de ses << vrais >> propriétaires, Airbus et Air France, qui l’ont commis à la tâche de la difficile desserte de la côtière intra africaine, à savoir ramasser le maximum de voyageurs sur Paris, depuis Dakar et Nouakchott jusqu’à Brazzaville, Kinshasa ou Luanda, pour les amener à Abidjan où, chaque nuit, Air France et Corsair étaient sûrs d’avoir leurs 3 à 4 avions sur Paris avec un remplissage super rémunérateur. Véritable pactole pour Air France et pour l’économie Française, puisque cela permet à cette compagnie d’assurer la présence française sur les 5 continents, le plus souvent à perte, mission très onéreuse pour ce pays.
Des voix expertes en transports aériens nous ont déjà assuré que le choix même de cet avion Airbus 330-90 Neo montre bien que la même volonté des intérêts français va prévaloir. Ce joyau de technologie et de confort arrive pour mettre à l’aise la clientèle top des ministères, ambassades, Institutions Internationales, affaires, etc…, qui auront 3 classes au choix, et l’Ivoirien lambda ne doit espérer ni baisse de prix, ni amélioration en condition de voyages.
Les Ivoiriennes et Ivoiriens retiendront que la bulle de leur potentiel en transports aériens, découlant de la situation centrale du pays en Afrique de l’Ouest, et de son dynamisme économique, ainsi que de sa culture d’accueil et d’échanges, reste encore intacte et hermétiquement close. Mais tenue, et bien gardée, entre des mains expertes non ivoiriennes. Il faudra bien qu’un jour, proche ou lointain, la Côte d’Ivoire se réveille enfin et s’arroge sa chose.
Mais nous voilà interrompu en notre rédaction par toutes les cloches de Côte d’Ivoire qui sonnent, et nous apprenons que le Conseil Constitutionnel livre déjà sa délibération quant aux dossiers de candidature à la présidentielle que lui a transmis la Commission Électorale Indépendante (CEI). Les six membres du Conseil Constitutionnel ont travaillé d’arrache pied et ont gagné 2 jours sur le temps qui leur était imparti selon les textes.
Empressons nous de voir si ce temps gagné ne pourrait pas laisser suspecter que les choses étaient décidées et << cuites >> dès le départ par l’autorité qui nomme les juristes émérités que sont les membres de ce conseil.
Vive la Côte d’Ivoire !
Fait à Abidjan, le 08 septembre 2025
Le Ministre KOBENA I. ANAKY
Président du MFA
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