• jeu. Mar 5th, 2026

    La Liberté d'Informer

    Côte d’Ivoire – Suspension judiciaire et candidature contestée : un Collectif réaffirme l’inviolabilité des statuts de l’UNJCI

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Fév 23, 2026

    Nous proposons ci-dessous la déclaration du Collectif pour le respect des textes de l’UNJCI, qui prend acte de la suspension judiciaire du Congrès de l’Union. Le groupe dénonce le passage en force du bureau sortant, exige l’invalidation d’une candidature irrégulière et réaffirme l’importance du strict respect des statuts pour préserver la crédibilité de la profession journalistique.

    DÉCLARATION DU COLLECTIF POUR LE RESPECT DES TEXTES DE L’UNJCI

    • Contexte

    Le Collectif pour le respect des textes de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) prend acte de la décision rendue par la justice le 19 février 2026 ordonnant la suspension du Congrès de notre organisation jusqu’à nouvel ordre.

    Cette décision n’est pas anodine. Elle confirme la gravité des manquements dénoncés et consacre l’illégalité manifeste du processus électoral engagé en violation flagrante de nos statuts et règlements.

    • Notre analyse

    Elle porte sur deux points, à savoir l’inéligibilité et la sanction d’un passage en force.

      1. L’inéligibilité constatée

    Les textes de l’UNJCI sont sans ambiguïté : certaines fonctions administratives et politiques sont incompatibles avec l’exercice de responsabilités exécutives au sein de l’Union. Or, au moment de la validation de sa candidature :

    • Le candidat ne détenait pas deux des trois cartes exigées par nos textes ;
    • La validité de sa carte de journaliste professionnel était sujette à caution et fait actuellement l’objet d’un réexamen par la Commission paritaire suite à notre requête jugée « pertinente » et « recevable » ;

    Il figurait toujours officiellement sur la liste du personnel du Conseil régional du Gbôklé. Ces faits étant établis par la présence de Franck Ettien au cadre organique des emplois du Conseil régional du Gbôklé.

    Malgré cela, le Conseil exécutif a persisté dans sa volonté d’imposer son candidat dans cette compétition électorale.

    Lors de la rencontre au cabinet du ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, le 11 février dernier, il a été clairement établi que :

    Le candidat soutenu par le président sortant du Conseil exécutif de l’UNJCI ne détenant pas deux des trois cartes exigées pour être éligible s’est fait établir des cartes antidatées pour lui permettre de candidater.

    La validité de sa carte de journaliste professionnel est sujette à caution et fait actuellement l’objet d’un réexamen par la Commission paritaire ;

    Il figure toujours parmi le personnel du Conseil régional du Gbôklé, malgré ses déclarations de démission.

    Cette fonction apparaît incompatible avec les exigences statutaires liées à la détention de la carte professionnelle et à la candidature à la présidence du Conseil exécutif.

    Le maintien d’une candidature en violation des textes fragilise la crédibilité de notre organisation et jette le discrédit sur l’ensemble de la profession.

    La justice a suspendu le Congrès en raison d’un contentieux sérieux portant sur la candidature de Monsieur Ettien Tanoh Koffi Franck, Directeur de cabinet du Président du Conseil régional du Gbôklé, dont la candidature à la présidence du Conseil exécutif a été néanmoins validée malgré son inéligibilité évidente.

      1. Sanction d’un passage en force

    Nous le disons clairement :

    Il s’agit d’un passage en force orchestré par le président du Conseil exécutif

    Face à ce passage en force, le Collectif déplore que les mécanismes internes de régulation et de médiation de l’Union, comme en 2022, n’aient pas permis d’éviter cette situation en rappelant le Conseil exécutif sortant au respect strict des textes de l’Union.

    Nous nous félicitons néanmoins que la justice ait fait droit à notre requête. Il convient de rappeler qu’en 2009, 2016 et 2022, des journalistes avaient déjà saisi les juridictions pour des affaires liées, directement ou indirectement, aux élections de l’Union. Donc ce n’est pas la première fois qu’une telle démarche est entreprise.

    En 2022, une liste avait été invalidée en raison de la présence d’un fonctionnaire, bien que journaliste. Il serait incohérent d’accepter aujourd’hui à la tête de l’UNJCI la candidature d’un agent de l’État occupant les fonctions de Directeur de cabinet d’une collectivité et qui, par ailleurs, s’est fait établir illégalement des cartes de membre en vue de candidater.

    • Notre position

    3.1. Invalidation la candidature de Franck Ettien

    Pour un dénouement rapide de la crise et la reprise du processus électoral, nous exigeons l’invalidation de la candidature de Franck Ettien.

    3.2. Fin du mandat du Président du Conseil exécutif

    Nous prenons note de l’intention annoncée par le président sortant de faire appel de la décision de suspension du Congrès. Ce droit est reconnu dans tout État de droit. Toutefois, nous tenons à rappeler que depuis l’expiration de son mandat le 26 novembre 2025, et à plus forte raison à compter du 26 février 2026, Monsieur Jean-Claude Coulibaly n’est plus qualifié pour engager l’UNJCI.

    Le Conseil exécutif sortant ne saurait, en conséquence, prendre aucune initiative engageant l’association vis-à-vis des tiers, des autorités administratives ou judiciaires.

    Le mandat du président sortant étant arrivé à son terme, il ne peut se maintenir indéfiniment en l’absence de Congrès, ni invoquer la suspension judiciaire pour prolonger artificiellement son mandat.

    Le Collectif entend saisir à nouveau la justice afin de constater la fin du mandat des instances actuelles

    3.3. Mise en place d’une Instance ad hoc pour le renouvellement des instances de l’UNJCI

    Nous sollicitons la mise en place d’une instance ad hoc proposée par le Conseil des sages. Cette instance aura pour mission d’assurer les affaires courantes et d’organiser, dans les meilleurs délais, des élections transparentes et conformes aux textes. Cette instance devra impérativement donner des garanties de neutralité et de transparence.

    3.4. Action en correctionnel

    En conséquence, nous avons saisi le Procureur de la République pour faux, usage de faux et fraude administrative. Une audience au fond est prévue le 2 mars 2026. Notre démarche vise exclusivement à préserver l’intégrité de l’institution.

    3.5. La saisine du Ministre de la Communication

    Par ailleurs, le Collectif sollicite le ministère de la Communication, qui contribue à plus de 90% du financement de l’UNJCI, afin qu’un audit de la gestion du bureau sortant soit diligenté, conformément aux exigences de transparence prévues par nos textes.

    3.6. Réaffirmation de l’attachement aux textes

    Le Collectif réaffirme son attachement au respect strict des statuts et règlements. Ce principe n’est pas négociable.

    Le Collectif appelle à la sérénité, à la responsabilité et au respect des textes, afin de préserver l’honneur et la crédibilité de la profession journalistique en Côte d’Ivoire.

    Fait à Abidjan, le 23 février 2026

    Pour le Collectif pour le respect des textes de l’UNJCI.

    Les Porte-paroles

    Etienne Narcisse Atta (L’Héritage)

    Jérome N’Dri (Le Nouveau Réveil)

    Fulbert Koffi (L’Infodrome)

    Laisser un commentaire

    Nous utilisons des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience possible sur notre site Web. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre utilisation des cookies.
    Accepter
    Refuser
    Privacy Policy