Où se cachent les jihadistes?
Depuis leur déroute, les islamistes se seraient repliés plus au nord vers la frontière algérienne, une zone de massifs montagneux, repaire idéal pour leurs combattants. Pour ces jihadistes, ce n’est qu’un retour dans leur base arrière d’où ils opéraient bien avant d’entreprendre la conquête du Nord Mali. Désormais leur mode opératoire va changer. De leur tanière du massif de l’Adrar, Aqmi, Mujao et Ansar Dine vont livrer une véritable guérilla aux soldats nigériens et tchadiens qui seront déployés dans ce vaste désert où les Français ne veulent pas se hasarder. Avant d’engager ses troupes dans cette guerre, le président français François Hollande avait indiqué que son pays ne va pas rester dans la région. La France laissera la place aux troupes africaines dont le déploiement se poursuit lentement. Pour permettre à la Mission internationale de soutien au Mali, (MISMA), d’accomplir convenablement sa tâche, près d’un milliard de dollars est demandé aux donateurs. La moitié de cette somme a déjà fait l’objet de promesses lors d’une réunion tenue en marge du 20e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba du 27 au 29 janvier dernier. Lorsque cette force africaine sera effectivement opérationnelle dans tout le septentrion malien, la question de l’intégrité territoriale du Mali sera plus ou moins réglée. L’on pourra alors penser aux élections que le président par intérim Dioncounda Traoré prévoit pour le mois de juillet 2013, si tout se passe bien. Mais avant d’en arriver là, la question du Nord malien refera surface, cette fois autour d’une table ronde. Le MNLA qui a ouvert la boîte de Pandore de cette crise du Nord Mali, en engageant la guerre de l’Azawad contre l’armée malienne, a déjà repris pied dans son fief de Kidal. Faut-il l’en déloger par la force? En tolérant le retour des indépendantistes touaregs dans leur fief de Kidal, la France veut obliger Bamako à privilégier la solution diplomatique de la question de l’Azawad. Le mouvement est aujourd’hui scindé en deux entités depuis la création toute récente du Mouvement islamique de l’Azawad, (MIA). Contrairement au MNLA, la dissidence prône le règlement politique de la crise et n’est pas fondamentalement pour la séparation de ce vaste territoire qu’est l’Azawad du reste du Mali. Par contre le MIA tient, tout comme le MNLA, à ce que la spécificité de ce quasi «pays» soit reconnue. Tout dépendra de la forme que les autorités maliennes donneront à cette entité qui a tout d’un Etat.
Charles d’Almeida in L’Inter
Thu, 31 Jan 2013 14:50:00 +0100
