
Mais en même temps, ces comportements mettent mal à l’aise le pouvoir qui a bénéficié du soutien important de ces chasseurs traditionnels qui sont réputés pour avoir des pouvoirs surnaturels. Ils ont, en effet, combattu pendant la crise post-électorale, aux côtés des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), contre les forces restées fidèles à l’ancien président, Laurent Gbagbo. On leur attribue même la victoire sur les forces libériennes à Yopougon, après l’arrestation du prédécesseur du président Ouattara. On les voit également jouer le rôle d’agents de sécurité dans certaines localités et se distinguer par des arrestations de bandits de grand chemin, là où quelquefois les forces régulières n’y parviennent pas.
Bref, ces dozo, dont la présence est décriée par une partie de la population, participent, pour ainsi dire, à la sécurisation du territoire national. Seulement voilà ! Depuis quelque temps, il leur est reproché d’en faire un peu trop. Trop même ! En tirant sur les forces de l’ordre, ils se retournent contre l’État, donc contre celui qui l’incarne, Alassane Ouattara. Que faire ? Faut-il les chasser, au risque de les avoir comme ennemis ? Faut-il négocier avec eux et être perçu comme complice des actes délictueux dont-ils se rendent coupables ? Voici le dilemme dans lequel se trouve l’État. Apparemment, les autorités ivoiriennes veulent opter pour la première solution, c’est-à-dire chasser les chasseurs traditionnels. Or, le faisant, il n’ignore pas les conséquences.
En effet, impatients d’être pris en compte par les différents programmes de réinsertion, des ex-combattants, ayant pourtant combattu aux côtés des FRCI pendant la crise post-électorale, se sont érigés, pour certains, en coupeurs de route, menaçant chaque jour la vie des usagers des routes ivoiriennes. Alors qu’il tente de trouver une solution à ce fléau, l’État ne peut prendre le risque de se mettre les dozo à dozos sur son dos.
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Fri, 27 Sep 2013 02:12:00 +0200
