
Pour lui, ce qui s’est passé dans cet hôtel de New York dépasse de très loin le clivage droite-gauche. S’il rappelle qu’il avait mis en garde son rival socialiste sur l’intransigeance américaine en matière de mœurs, Sarkozy reste sidéré par les faits. Il est en revanche franchement choqué par les réactions de certains amis de DSK. Mention spéciale pour Jean-François Kahn, qui a réduit l’affaire à du "troussage de domestique", et à l’inénarrable Jack Lang, qui a réussi à minimiser les actes en cause jusqu’à dire qu’il n’y avait pas mort d’homme. Une phrase qu’il a regrettée depuis. "Quel décalage!" Comme beaucoup à droite, Sarkozy s’étonne que la gauche ait oublié qu’il y avait une victime en la personne de cette femme de ménage. Et de citer Boule de suif, l’œuvre de Maupassant dans laquelle les prostituées sont, selon lui, mieux traitées.
Annonce de bons chiffres pour l’emploi
La chute de DSK change-t-elle le match de 2012? Il élude, bien sûr, la question et s’en tient à sa ligne de prudence. Pas question de verser dans une euphorie suspecte. Certains de ses ministres se sont fait taper sur les doigts, ainsi l’un d’entre eux qui a jugé que "le PS [était] mort". "Dans ce métier, il faut être marathonien, tenace et courageux. Les gens choisiront le moment venu. C’est dans un an. Soyons humbles devant les événements", répète-t-il régulièrement. Il ne changera donc rien à sa stratégie et continuera à "labourer" la France. Il rappelle qu’il a visité à ce jour "94 départements" et qu’il va poursuivre méticuleusement son quadrillage, certain que ses réformes vont finir par produire des résultats visibles.
Mercredi prochain, son ministre du Travail, Xavier Bertrand, devrait annoncer de nouveaux bons chiffres sur le front du chômage. Une quatrième baisse consécutive qui s’ajoute à la reprise inattendue de la croissance. De bon augure pour le gouvernement, qui devrait atteindre les 2% de croissance espérés au début de l’année.
L’élu de Tulle est désormais moqué par les sarkozystes
La bonne semaine de Sarkozy s’achève aussi sur une bonne note diplomatique. En Côte d’Ivoire, il a eu droit samedi à un accueil très chaleureux. "Merci Sarko! Merci Sarko!", entendait-on samedi à Yamoussoukro, où des milliers de gens l’ont acclamé un mois après la reddition sous les baïonnettes de Laurent Gbagbo avec l’aide de l’armée française. "On a pris des risques et cela a payé", se réjouit Alain Juppé. Un ministre des Affaires étrangères à propos duquel le chef de l’État ne tarit pas d’éloges : "Alain est un atout". Avec sa grande expérience, le numéro deux du gouvernement lui permet surtout de ne plus être en première ligne en permanence, de se protéger un peu plus. Le Président est également très satisfait de l’action de Claude Guéant dans ce ministère de l’Intérieur où ses successeurs n’avaient pas jusqu’à présent trouvé grâce à ses yeux. Après quatre ans passés à l’Élysée, Sarkozy a sans doute compris qu’il ne fallait plus jouer tous les matches.
La semaine prochaine, il recevra à Deauville Obama, Merkel, Cameron et les autres membres du G8. Un moment qu’il attend avec impatience. Une belle occasion pour le Président-candidat de montrer aux Français sa stature internationale et souligner en creux l’inexpérience de François Hollande et de Martine Aubry. Un argument que ses lieutenants de l’UMP utilisent déjà : "Quand Nicolas dira “j’en ai parlé à Obama”, Hollande lui dira qu’il a vu ça avec Gérard Dugenou, ramasseur de champignons en Corrèze". Encensé samedi, l’élu de Tulle est désormais moqué par les sarkozystes. Reste qu’Hollande ou Aubry continuent de devancer Sarkozy dans les sondages. Dans cette semaine plutôt faste pour les sarkozystes, même le film La Conquêteest à l’arrivée tout sauf un monument d’antisarkozysme. Pourtant, il n’a pas prévu d’aller le voir. Carla le fera à sa place.
lejdd.fr
Sun, 22 May 2011 18:28:00 +0200
