
Il a également réagi à la lettre à lui adressée par Charles Blé Goudé, l’invitant à une rencontre entre les deux hommes. «Nous n’allons pas stigmatiser un individu aussi important qu’il ait pu être dans le système. Je ne peux pas aller derrière chaque Ivoirien. On a enregistré les doléances de Blé Goudé et le moment venu, il rentrera dans le processus», a indiqué, le Desmond Tutu ivoirien. S’il n’a pu effectuer le déplacement de La Haye pour y rencontrer l’ancien chef de l’Etat ivoirien, le président Banny se veut équilibriste. «Je n’ai pas fait de voyage au Ghana pour y rencontrer des pro-Gbagbo exilés. Mais est-ce à dire que je ne suis pas en contact avec les exilés ? (…) Je ne suis pas allé à La Haye. Mais est-ce à dire que l’opinion de Laurent Gbagbo ne compte pas dans le processus de la réconciliation ?», s’est-il interrogé, avant d’estimer qu’il est en phase avec le Président de la République, concernant la grâce présidentielle.
«Le Président peut grâcier, mais il faut que les juges fassent leur travail d’abord», a-t-il avoué. Mais avant, le président de la CDVR, a déroulé son plan d’actions. De la phase de pré-sensibilisation qui a consisté à conscientiser la Nation ivoirienne sur la nécessité de la réconciliation en passant par la purification, le président de la CDVR dit être resté toujours fidèle à son cahier de charges : «Approfondir la prise de conscience car la réconciliation est une œuvre d’intérêt national». Poursuivant, il a ajouté que le processus de réconciliation entrera dans un mécanisme de justice transitionnelle, où au bout du compte, nous allons demander pardon. Un film dénommé «Le deuil du sang», sera même diffusé à propos sur les chaînes de la télévision nationale le dimanche 9 décembre et dont certains images sont dures pour les âmes sensibles. En projetant une telle ‘’horreur’’, la CDVR veut renvoyer les images des atrocités aux auteurs, afin de les dissuader de toute récidive. La 2ème phase de la méthodologie de la CDVR est ce que le président Banny a appelé : «le cœur du métier», dont le trait distinctif est le dialogue. Au nom de ce dialogue, la CDVR compte rencontrer à nouveau le chef de l’Etat et les acteurs politiques pour stimuler la réconciliation. Enfin, la phase finale prévue pour le 15 décembre 2012, concerne ‘’les consultations nationales’’ qui permettront à chaque Ivoirien de donner son opinion.
A.Dedi in L’Intelligent d’Abidjan
Sun, 09 Dec 2012 18:02:00 +0100
