novembre 30, 2022

Bureau politique : Le Pdci fâché contre Ouattara

La montagne a accouché d’une souris. Ceux qui réclamaient à mots couverts la mise à la retraite d’Henri Konan Bédié, se sont finalement dégonflés au Bureau politique qui s’est tenu le samedi 2 juin dernier, à la maison du Pdci à Cocody. Résultat : les participants à la rencontre ont réaffirmé leur soutien au président du Pdci. C’est en septuagénaire revigoré que celui-ci a levé la séance, autour de 17h20, en appelant la salle à entonner l’hymne du Pdci. Les frondeurs s’étant déculottés, ce qui s’annonçait comme un procès de Bédié s’est mué en un procès du régime Ouattara. En effet, le communiqué final ayant sanctionné les 7h de travaux, décrie avec véhémence ce qui apparait comme des ratés dans la cogestion du pouvoir par le Rdr et le Pdci. A l’évidence, Henri Konan Bédié et ses partisans du Pdci ont une dent contre leur allié au pouvoir. Dans un langage à la lisière de la langue de bois, ils ont dénoncé des actes et attitudes du parti au pouvoir, qu’ils estiment contraires à l’esprit de leur alliance. « Le Bureau politique exprime sa grande préoccupation quant à la place du parti dans l’alliance qui n’est pas à notre avantage aux yeux des militants qui déplorent le manque de confiance dans nos relations avec notre principal allié, le Rdr», ont-ils annoncé les couleurs.

Et d’égrener le chapelet de récriminations contre le parti de Ouattara. Entre autres, la dénonciation du nouveau découpage électoral jugé « trop favorable aux régions du Nord, en dépit de leur faible poids démographique dans la nation ». Pour le parti de Bédié, Ouattara doit revoir sa copie. Par ailleurs, le Pdci semble remonté contre la gestion du pouvoir en solo de son allié du Rdr. Aussi a-t-il réclamé « une gestion participative et inclusive », qu’il souhaite voir « s’appliquer aux services, aux directions, aux ministères ». En clair, le parti csoixantenaire crie sa frustration de n’avoir pas jusque-là bénéficié d’assez de nominations aussi bien dans les ministères qu’aux postes de directeurs généraux. D’ailleurs, ce passage du communiqué final le dit éloquemment : « Les cabinets des différents ministères devront arborer les couleurs de notre alliance et non celles d’un seul parti. Chaque structure administrative, chaque entreprise publique doit être le creuset de la diversité et de la richesse de l’unité nationale ». Pour une fois, le Pdci a voulu dire haut son mécontentement d’avoir eu droit à la partie congrue s’agissant des nominations. Aussi a-t-il appelé à l’élaboration des règles régissant la distribution des postes et plus généralement, la conduite commune des affaires de l’Etat.

Ce d’autant que le parti de Bédié s’estime être co-gestionnaire du pouvoir. C’est du reste à ce titre que le Pdci a invité son allié du Rdr à traduire dans les faits le projet de programme commun de gouvernement adopté à Yamoussoukro. Par ailleurs, le parti de Bédié s’est autorisé à fixer à son allié au pouvoir, des axes devant figurer au nombre de ses priorités : la mise en oeuvre effective du désarmement, la promotion d’une armée véritablement nationale, l’application effective de la loi de 1998 sur le foncier rural, la mise en œuvre d’une politique d’immigration. Au delà de ses rapports avec le Rdr sur lequel le Bureau politique s’est appesanti, le Pdci a pris la résolution de donner un coup de serpillère dans son fonctionnement. Ainsi, il a notamment décidé de recruter un expert qui aura désormais en charge la gestion des finances du parti et des spécialistes pour animer le service communication; le Pdci ayant fait le constat que sa communication est défaillante. Notons que ce Bureau politique a vu la participation de bien des grands noms du Pdci.

Assane NIADA in L’Inter

Mon, 04 Jun 2012 07:59:00 +0200

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