
Une guerre médiatique s’est engagée entre les deux groupes politiques, LMP et RHDP
Qu’on croit en la victoire de Laurent Gbagbo ou en celle d’Alassane Ouattara, il ne faisait plus bon d’être journaliste en Côte d’Ivoire après le 03 décembre 2010. Plusieurs journalistes ont fait les frais de cette période folle. Nombre d’entre eux ont commencé dès lors à vivre dans la clandestinité.
Lorsque Laurent Gbagbo est arrêté par la force française LICORNE le 11 avril 2011, c’est la descente aux enfers pour les journalistes défendant la victoire du président sortant. Ceux-ci deviennent des cibles pour les hommes de Ouattara.
Ils sont nombreux à vivre clandestinement en Côte d’Ivoire, certains ont pu fuir, d’autre sont portés disparus, et pour ces derniers il y a lieu de s’inquiéter après la découverte dans une fosse commune à Yopougon, du corps du Journaliste Sylvain Gagnetaud, assassiné selon des ONG par des combattants pro-Ouattara .
La mort, la prison ou l’exil
Au niveau de la RTI ( Média audiovisuel d’Etat), par exemple Germain Guézé cameraman reporter affecté à la Présidence de la République et Serges Boguhet cameraman reporter sont en détention pour leur proximité présumée avec le régime de Laurent Gbagbo.
Sur la liste des journalistes activement recherchés par le régime Ouattara figure également le nom du dérangeant reporter de la RTI, Mambo Abbé, qui a dû quitter la Côte d’Ivoire pour avoir la vie sauve.
Pour mémoire, ce reporter d’investigation a activement participé à asseoir l’accord politique de Ouagadougou à travers des reportages sur la caravane de la paix de Charles Blé Goudé et sur le processus de sortie de crise en général.
En 2009, Il a enquêté sur les fraudes pendant l’enrôlement électoral, ce qui a conduit à la destitution de la Commission Electorale indépendante dirigée à l’époque par Beugré Mambé et de tout le gouvernement.
"Pendant la crise postélectorale, plusieurs de ses reportages et analyses ont déstabilisé le camp Ouattara et ses alliés faisant de la Télévision ivoirienne une cible.", confie un confrère ivoirien, sous le couvert de l’anonymat, qui soutien aussi que " ce journaliste est également la cible de Soro Guillaume pour être celui qui a donné une envergure au dispositif de communication de Charles Blé Goudé depuis 2006".
Proche des autorités de la rébellion des Forces nouvelles pendant le processus de sortie de crise, Mambo Abbé est supposé en savoir trop. C’est pourquoi, selon certaines indiscrétions, il apparait comme un individu "dangereux" aux yeux du clan Ouattara et "sa réapparition publique en Côte d’Ivoire supposerait qu’il ait fait allégeance à M. Alassane Ouattara avec beaucoup de gages".
Mais, dans une Côte d’Ivoire où la justice n’existe pas et où la sécurité laisse à désirer, Mambo Abbé est en danger comme de nombreux journalistes dans son cas, contraints à l’exil ou à la clandestinité ; on peut citer Hermann Aboa, Didier Depri, Ousmane Sy Savané, Germain Séhoué, Claude Frank About, Amos Béonaho, Ferro M. Bailly, Théophile Kouamouo, Franck Dally, Isidore S. Allah…la liste est longue.
Vivement que la liberté de la presse s’exerce pleinement en Côte d’Ivoire, comme sous le régime de la "Refondation".
Axel Illary
Sun, 05 Jun 2011 09:48:00 +0200
