décembre 6, 2022

Côte d’Ivoire : L’argent ne circule pas car il est tout simplement mal employé par le régime Ouattara.

Depuis l’avènement de Mr Alassane Ouattara au pouvoir (11 Avril 2011) en Côte d’Ivoire, s’il y a une chose qui fait presque l’unanimité, c’est la cherté de la vie. Les ivoiriens souffrent d’un manque criard de ressources financières pour faire face à l’envolée des prix des produits de première nécessité. Il ne se passe de jours sans que l’on entende du côté du peuple les complaintes du genre : « tout est cher, nous souffrons, on ne voit pas l’argent, l’argent ne circule pas, GBAGBO était mieux car avec lui au moins on mangeait à notre faim , Gbagbo kafissa etc…. ».

Alors que le pouvoir jubile à la télé pour les « tornades de milliards qui se déversent sur le pays, l’ivoirien lambda n’est même pas mouillé « un peu » si je puis emprunter cette expression familière à l’homme de la rue, et pourtant il ne se passe de semaines sans qu’on annonce des pluies torrentielles de milliards de francs CFA au peuple. La Côte d’Ivoire est ainsi devenu le seul pays sur la terre où la pluie ne mouille pas…..C’est à croire que l’argent descend sous forme de vapeur s’évaporant avant d’avoir touché le sol et pourtant le pouvoir soutient mordicus que l’argent pleut sur le pays. Vapeur d’argent quand tu nous tiens !!!!!! ou plus familièrement vapeur d’argent sort de ce corps !!!!!!

Devant la situation de plus en plus bruyante, Mr Venance Konan DG du quotidien gouvernemental ivoirien (Fraternité Matin) a produit un article qui mériterait d’être disséqué dans les laboratoires d’économie des meilleures universités du monde tant il y énonce des choses extraordinaires. Il y déclare entre autre que si les ivoiriens ne voient pas l’argent et qu’ils souffrent c’est tout simplement parceque les dirigeants actuels ne le distribuent pas aux filles d’Abidjan comme le faisaient ceux d’avant. Eureka !!!!
Alors que l’on pensait à une blague de sa part voilà que Mr Joël Nguessan (porte parole principal du RDR parti au pouvoir en Côte d’Ivoire) pond un communiqué le samedi 5 janvier 2013 pour annoncer en signe de voux de nouvel an aux ivoiriens affamés et désabusés par la cherté de la vie que : « L`argent ne circule pas car l`argent travaille, et donc quand il travaille on ne le voit pas. ». Rien de plus motivant pour faire encaisser les nouvelles augmentations des prix des produits énergétiques qui sont annoncées pour les jours à venir. De quoi faire se retourner dans leurs tombes les Jean Bodin, David Hume, Adams Smith,Thomas Robert Malthus, John Maynard Keynes et autres Milton Friedman pour ne citer que ces quelques uns tant la liste est longue.

A la lecture des différentes interventions justificatives des dirigeants actuels nous nous disons que l’économie est en train de rentrer dans une nouvelle ère et que cela se passe à Abidjan en Côte d’Ivoire et nulle part ailleurs. Il serait peut être bien que le Docteur Esther Duflo récompensée en 2010 de la médaille John Bates Clark pour ses travaux empiriques contre la pauvreté et qu’on annonce comme une future prix Nobel d’économie vienne apprendre au pays de Ouattara. Elle devrait peut être délaisser sa chaire de Professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology) où elle dirige le laboratoire de recherche Abdul Latif Jameel sur la lutte contre la pauvreté pour venir prendre quelques cours de macro économie chez Venance Konan à Fraternité Matin et Joël Nguessan à la rue Lepic..

Ainsi après avoir situé le problème dans son contexte nous allons maintenant étayer notre propos en répondant aux questions suivantes :
1) Quels sont les principaux leviers économiques d’un pouvoir politique en temps de crise ?
En temps de crise comme celle que traverse la Côte d’Ivoire, lorsque les investissements directs étrangers (IDE) ou privés locaux sont incapables de soutenir l’activité, l’état à deux leviers majeurs sur lesquels il peut jouer à sa convenance pour doper l’économie. Cela dans le but de stimuler les deux facteurs essentiels que sont l’investissement (I) et la consommation (C) des ménages soit en même temps soit l’un ou l’autre.
a) Les taux d’intérêts
La stimulation par les taux d’intérêts consiste à baisser les taux afin de rendre le crédit accessible aux acteurs économiques que sont les investisseurs et les ménages. Ainsi lorsque les taux d’intérêts sont bas (exemple de la FED aux USA, ou de la BoE au Royaume Uni) ou quelques fois nuls (exemple du Japon pendant des années), les banques commerciales qui empruntent à presque rien auprès de la banque centrale peuvent à leur tour prêter à des taux minorés aux entrepreneurs dans le cadre des crédits d’investissement et aux ménages dans le cadre des crédits à la consommation ou même des crédits immobiliers. Ainsi donc l’argent injecté dans les entreprises grâce aux prêts bancaires permettent à celles-ci de pouvoir payer leurs fournisseurs et mettre en place des projets de développement qui permettront l’embauche de nouveaux salariés sinon empêchera au moins les licenciements. Idem pour les ménages qui riches des prêts à eux accordés par les banques peuvent à leur tour s’équiper en toutes sortes de biens créeant ainsi un passage de la monnaie d’une main à l’autre. C’est contrairement à ce qu’affirment les thuriféraires du régime Ouattara ce qu’on appelle communément la circulation monétaire. N’en déplaise donc à Joël Nguessan (porte parole principal du RDR parti au pouvoir en Côte d’Ivoire) l’argent circule bel et bien et d’ailleurs il n’a jamais été autant productif que lorsqu’il circule. Pour ce faire il faut que le pays en question soit maître de sa monnaie, ce qui n’est pas le cas de la Côte d’Ivoire dont la monnaie est dirigée de main de maître par Paris. Oublions donc cette possibilité pour le gouvernement Ouattara, comme dirait l’homme de la rue c’est mort !!!!!
b) Les dépenses publiques
Ne pouvant pas user du levier monétaire, le seul qu’il reste à Ouattara c’est la stimulation par la dépense publique(G). Et c’est là que les pluies de milliards deviennent intéressantes !!!!
Les dépenses publiques sont l’ensemble des dépenses réalisées par les administrations publiques Leur financement est assuré par les recettes publiques (impôts, taxes et cotisations sociales), les appuis ou aides bilatérales (pluies de milliards de Ouattara!!!!) et par le déficit public. (source wikipédia et tous les bons cours d’économie!!!!!). Avec tous les milliards obtenus depuis deux ans Ouattara a donc les moyens de procéder à une stimulation par les dépenses publiques si tel est que lesdites sommes sont réellement arrivées ou encore dans les caisses de l’état de Côte d’Ivoire et non dans les poches des membres du gouvernement.

Ici il s’agit pour l’état de suppléer les banques en injectant une énorme quantité d’argent public dans le circuit économique au profit des investisseurs et autres entrepreneurs locaux. L’état accorde des marchés publics dans des conditions transparentes (pas de gré à gré !!!!) aux entreprises privées du pays afin que celles-ci à leur tour riches des commandes de l’état puissent embaucher, passer commandes auprès de leurs fournisseurs eux aussi locaux et concevoir des plans de développement. Ainsi donc l’argent encore une fois circule dans le circuit et donc le peuple le sent, le voit et en profite. Pour que cela marche il faut que ceux qui en bénéficient soit les plus nombreux possibles et non un cercle d’amis. C’est ce qu’avait réussi le président Gbagbo malgré tout ce qu’on pouvait lui reprocher, des gens de tous bords avaient accès aux marchés publics (personnellement j’ai des amis RDR qui faisaient des chiffres d’affaires faramineux grâce aux marchés publics sous Gbagbo et qui pleurent aujourd’hui).
Partant donc du fait que les milliards sont bel et bien rentrés dans les caisses de l’état puisque le pouvoir Ouattara le dit chaque jour que DIEU fait, si les ivoiriens ne ressentent pas leurs effets c’est tout simplement soit parceque les marchés publics sont attribués aux cercles proches du rdr et à des étrangers soit nous assistons à des détournements massifs de deniers publics par les dirigeants ivoiriens, dans les deux cas l’argent n’est pas injecté dans le circuit économique ivoirien, donc ne circule pas. Toute autre justification n’en serait que pure fadaise.

Il est indéniable que ces politiques mal mise en ouvre peuvent générer des taux élevés d’inflation mais pour ce faire des solutions existent aussi. Cela fera certainement l’objet d’un prochain article.
2) Pourquoi les ivoiriens ne sentent pas les effets des milliards qu’on dit se déverser par flopées entières sur le pays?
Si les ivoiriens ne ressentent aucune amélioration de leur niveau de vie c’est tout simplement à cause de la mauvaise gouvernance qui caractérise le pouvoir Ouattara. Et ce n’est pas moi qui le dit, ce sont leurs propres partenaires qui le révèle.
En effet classé 146e en 2010 après une non moins honorable 154e place en 2009 sur l’indice de la corruption de transparency international, voilà qu’après un an de gestion du pouvoir d’état par alassane dramane ouattara, la Côte d’Ivoire renoue de plus belle avec ses vieux démons. Le pays a reculé dans le classement pour se retrouver malheureusement à la 154ème place cette année 2011, et cela sur 182 pays, avec une note de 2,2 sur 10.

Mieux le rapport annuel de doing Business de la Banque Mondiale confirme le classement établi par transparency international. Alors que la Côte d’Ivoire occupait une peu honorable place de 167è sur 188 lors de la dernière année d’exercice du pouvoir par le Président Gbagbo, un an de gestion clanique du pouvoir d’état par Mr Ouattara (Juin 2011-Juin 2012) nous a fait reculer de 10 places pour atteindre le catastrophique rang de 177è sur 188. Là où le Président GBAGBO s’évertuait avec un pays occupé à 60% par des bandes armées à améliorer notre environnement économique, il aura fallu moins d’un à Ouattara qui dispose pourtant de tous les leviers du pouvoir pour faire pire. Sans commentaires…

Au lieu d’incriminer la croissance exponentielle de la corruption favorisée par la mauvaise gouvernance dénoncée par tous, le pouvoir d’Abidjan préfère prétexter soit la crise post électorale soit avancer les thèses loufoques et volontairement trompeuses des Venance Konan et autres Joël Nguessan. Or la corruption dont il s’agit ici n’est en aucun cas liée à la situation de guerre et ne peut être justifiée par les arguments avancés par les pouvoirs publics ivoiriens car économiquement inacceptables donc irrecevables. Non, non et non la corruption d’état ici se traduit entre autre par les licences d’exploitation offerts par Ouattara lui-même aux multinationales étrangères, aux marchés obtenus dans la plus parfaite opacité par des sociétés seulement connus du pouvoir en place, à la pression et au chantage dont seraient victimes (cf la lettre du continent) les détenteurs des licences d’exploitation du secteur minier et pétrolier, à l’attribution de marchés public de gré à gré entre ministres rdr et des membres de leurs familles ou de leur entourage immédiat (rénovation de l’université de Cocody, ramassage des ordures de la ville d’Abidjan, réfections des routes, informatisation de l’administration, inscription en ligne aux différents examens et dans les lycées et collèges, instauration de « ticket liberté » par les commandants frci, projet de vidéo surveillance urbaine etc.), une administration publique prise en otage par un chef et ses proches et surtout une justice aux ordres dont plus de 60% des juges d’instruction et autres chefs du parquet sont éligibles aux critères de la théorie du « rattrapage ». C’est donc une corruption institutionnalisée qui sévit en Côte d’ivoire.

En définitive ce qu’il faut retenir c’est qu’en Côte d’Ivoire sous le régime Ouattara les marchés publics sont attribués toujours aux mêmes sans appel d’offre dans l’opacité la plus totale. Ainsi l’argent que le peuple ne voit pas circule en vase clos, entre une minorité d’entrepreneurs (toujours les mêmes) qui la plupart du temps ne sont même pas ivoiriens sinon sont des proches des membres du gouvernement. C’est ce qu’on appelle sous d’autres cieux la mauvaise gouvernance qui se caractérise par un niveau de corruption très élevée, des détournements massifs de deniers publics et autres abus de biens répréhensibles (cf enquête transparency international et doing business banque mondiale).
Les ivoiriens souffrent pendant que des ministres de la République organisent des soirées privées à plusieurs millions de dollars avec des chanteurs américains, une autre manière de sortir l’argent du circuit au détriment du peuple qui lui est volontairement maintenu dans une misère inacceptable en temps de pluies de milliards. Et pourtant cet argent hypothèque l’avenir de plusieurs générations ivoiriennes qui auront à le rembourser. Au moins au temps du "boulanger" il y a avait toujours du pain à table, au temps de ceux qui transforment les milliards en vents et le vent en milliards (le règne du mystificator) le peuple souffre et meurt de faim, incapable qu’il est devenu de s’acheter un morceau de pain. C’est à croire que le "boulanger" a emporté avec lui la recette magique….

Jean-André A. AHIPEAUD (Chef d’entreprises Paris, Londres, Abidjan)

Tue, 08 Jan 2013 15:33:00 +0100

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