décembre 2, 2022

Côte d’Ivoire : recensement de la population, mission impossible ?

« Ce recensement a été mal lancé, avec une mauvaise communication. Les gens ont pensé que c’était un recensement électoral », assure Patrice Yao, chef du département des rédactions et directeur de la publication du journal "Le Nouveau Réveil" en Côte d’Ivoire.

Lancée le 17 mars dernier avec l’enregistrement du président de la République Alassane Ouattara « pour montrer l’exemple », l’opération, qui ne devait durer qu’un mois, n’est toujours pas terminée. Sur le terrain, les équipes du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) connaissent des difficultés. Après un démarrage compliqué suite à la livraison tardive des smartphones contenant les questionnaires, en provenance de Dakar, les équipes ont dû faire face à d’autres soucis.

Critique de l’opposition

« Les politiques s’en sont mêlés alors que c’est une opération scientifique », explique Aka Doré, coordonnateur régional du district d’Abidjan. Rapidement, après le début du recensement, le Front Populaire Ivoirien (FPI), le parti de l’ex-chef d’Etat Laurent Gbagbo a appelé au boycott de l’opération. Une action qui a indéniablement eu « un impact sur le démarrage du projet » note Aka Doré.
Selon Patrice Yao, « le FPI n’a pas adhéré au projet car il pensait que cela cachait quelque chose. Ce recensement n’a pas de but électoral, c’est une opération pour relancer le développement et cerner le besoin des populations en fonction des zones, des régions et des contrées. »

L’opposition est totalement contre ce recensement « dans ces conditions ». Pour les membres du FPI, le contexte n’est pas approprié. En effet, il y a eu « un déplacement massif des populations durant la crise de 2008 et beaucoup de gens ne sont pas encore revenus. De plus, il n’y a pas eu assez de temps pour former les agents et le processus a pris du retard » explique Franck Anderson Kouassi, conseiller en communication de Pascal Affi N’guessa, président du FPI. Selon lui, le climat politique est toujours trop « tendu » pour effectuer ce dénombrement. D’autant plus qu’il considère qu’ « une opération comme celle-là doit être consensuelle, or le gouvernement ne nous a pas consultés ».
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Tue, 27 May 2014 07:47:00 +0200

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