
Depuis septembre 2010, une dizaine de sociétés de poisson installées en zone portuaire grugent l’Etat en faisant de fausses déclarations de leurs chiffres d’affaires à la douane. Se ravitaillant directement auprès des navires qui arrivent au port d’Abidjan, ces entreprises ne déclarent malheureusement que le tiers des marchandises qu’elles acquièrent auprès des armateurs. Et naturellement, c’est sur la base de cette fausse quantité, largement réduite des marchandises, que l’administration douanière applique ses taxes, créant ainsi un énorme manque à gagner à l’Etat. Il ressort des premiers éléments de l’enquête que le plus gros lot des marchandises ne ferait même pas l’objet de déclaration en douane. Des marchandises transportées dans des conteneurs qui, curieusement, traversent frauduleusement les mailles des services compétents de la douane. Le préjudice subi par l’état serait largement supérieur au montant déjà affiché. A titre d’exemple, des fraudes ont été orchestrées par les entreprises. Deux navires, à savoir, Tonnerre et Maltra ont vendu à une date précise à ces entreprises un total de 23154 tonnes de poissons. Alors qu’en temps normal, la taxation douanière à payer par ces entreprises serait d’un peu plus d’un milliard trois cents millions de Fcfa, l’enquête établit qu’elles n’ont payé que moins de la moitié des sommes dues. Le manque à gagner par l’Etat aura été de 724 millions de Fcfa. Des cas similaires sont multiples avec des livraisons de marchandises opérées par plusieurs autres navires.
Le directeur de la police économique et financière, le commissaire Timité Namory, et ses hommes ayant eu vent de cette fraude massive qui met à mal le Trésor public, ont ouvert une enquête et s’attellent à réunir toutes les preuves des crimes économiques commis. Dans ce contexte, beaucoup de pièces à conviction seraient déjà placées sous scellé à la police. Tous les ordinateurs des sociétés incriminées ont été saisis et des données y ont été extraites pour analyse. Le patron ferait l’objet d’intenses pressions des concernés et de leurs parrains qui multiplieraient les démarches souterraines pour tenter de faire noyer le poisson… si gros. Le directeur Timité Namory et ses hommes entendent conduire minutieusement l’enquête jusqu’au bout. Affaire à suivre.
Landry Kohon in FRATERNITE MATIN
Tue, 04 Dec 2012 21:41:00 +0100
