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    La Liberté d'Informer

    D’ABIDJAN À LIBREVILLE, LA DÉMOCRATIE À L’ÉPREUVE DU RECOMPTAGE DES VOIX

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Nov 20, 2021

    En 2010, convaincu qu’on lui a volé sa victoire, le président Laurent Gbagbo avait réclamé en vain un recomptage des voix. Si monsieur Jean Ping avait été le seul officiel africain, la seule personnalité de l’establishment politique international à s’y opposer, le président ivoirien ne serait pas à La Haye depuis plusieurs années, en butte à un procès inique dont la fin dans le meilleur des cas coïncidera avec la chute de Ouattara Dramane Alassane. Je voudrais en inférer que la « communauté internationale » aurait accédé à sa requête.
    Il y a très longtemps que je me suis convaincu d’une chose : l’histoire est un plat fumant qu’on passe et repasse. Peu importe que ce soit dans des salles à manger différentes, et que les commensaux soient tout aussi différents.
    Voilà que depuis quelques jours, l’histoire électorale vécue il y a six ans en Côte d’Ivoire se répète au Gabon, avec en toile de fond une lancinante question : au nom de la démocratie, faut-il recompter les voix ? Ma réponse est sans ambages : OUI.
    Sans autre forme de procès, je vais vous dire pourquoi. La démocratie, qu’elle soit athénienne ou non, reste tout de même dans son principe le pouvoir exercé par le peuple à travers ses représentants élus qui vont du premier magistrat de la République au magistrat municipal. Et quand le peuple est divisé sur l’élection d’un de ses représentants, les instances commises à l’organisation du vote devraient se donner les moyens de le réconcilier. Cela peut prendre au moins deux formes, à savoir la reprise du scrutin ou le recomptage des voix, une option déjà expérimentée dans des pays qui se targuent d’être des parangons démocratiques.
    Dans le cas de la Côte d’Ivoire hier, et dans celui du Gabon aujourd’hui, il n’existe qu’une question essentielle : QUI A RÉELLEMENT GAGNÉ L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE ?
    Est-ce parce que cette question n’a pas été tranchée à Abidjan au moyen d’un recomptage des voix qu’il serait indécent, qu’il ne conviendrait pas de la trancher à Libreville par le même procédé ?
    Je présente mon interrogation autrement : est-ce parce que le recomptage des voix avait été refusé au président Laurent Gbagbo par la voix (excusez ce jeu de mots) de monsieur Jean Ping qu’il faut absolument que le second soit châtié, et le premier vengé ? Politique du ressentiment ! Voilà comment j’appelle cette vision des choses qui s’oppose aux principes démocratiques.
    Au regard de l’histoire politique du Gabon, au-delà des soutiens supposés de la France à Jean Ping, Ali Bongo était-il en mesure de battre son adversaire dans les urnes ? Pourquoi ? Ce double questionnement devrait être au cœur de notre analyse, depuis que nous dissertons sur le contentieux électoral en cours à Libreville.
    Bonne fin de semaine à tous !

    Jacques Mian d’Anomatuepin

    Sat, 03 Sep 2016 16:41:00 +0200

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