décembre 1, 2022

Dans les coulisses du “Fouquet’s” de Hollande

Elu président de la République, François Hollande s'est offert dimanche soir son
Le nouveau président a fêté sa victoire, après avoir prononcé un discours à la Bastille, dans une tente installée derrière la scène. S’y sont pressés politiques et people.
Il est minuit passé de quarante minutes à la Bastille. Cécile Duflot, qui a pris la parole un peu plus tôt devant les dizaines de milliers de personnes amassées sur la place parisienne, à l’invitation de Manuel Valls, attend désormais dans la fosse.

Entourée d’un de ses assistants, de son compagnon le photographe Xavier Cantat et de l’ancien directeur de campagne d’Eva Joly Stéphane Sitbon, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts ne tient pas en place: François Hollande, le nouveau président de la République, n’a toujours pas parlé.
Non loin de Duflot, dans cette espace rempli de V.I.P, le réalisateur François Ozon, l’animateur Ali Baddou, les comédiens Virginie Ledoyen et Edouard Baer…
François Hollande finit enfin par prononcer son allocution. S’ensuit une Marseillaise entonnée à pleins poumons par deux jeunes filles noires postées derrière la barrière, juste à côté de Duflot, a priori bientôt ministre de l’Environnement (et plus si affinités) d’un gouvernement socialiste.

"Savoir ne pas être sur la photo"

Sur scène, tous les hiérarques du PS entourent le chef de l’Etat. Jean-Vincent Placé, le président du groupe écologiste au Sénat, sera lui aussi sur la photo, juste derrière Valérie Trierweiler. "L’important, parfois, c’est de savoir ne pas être sur la photo…" commente en contre-bas Cécile Duflot.
Soudain, la numéro 1 d’Europe Ecologie-Les Verts s’éclipse: il s’agit de pouvoir accéder à l’immense tente dressée derrière la scène, où va se dérouler la fête. Le député Noël Mamère n’aura pas cette chance: il se fait refouler de ce Graal politico-mondain par un service d’ordre zélé.
A l’extérieur de la tente, c’est l’ancien Premier ministre Laurent Fabius qui attend le nouveau président, au bout d’un cordon humain. A l’intérieur, quatre loges sont réparties de chaque côté d’un couloir qui donne sur un espace beaucoup plus grand. La musique, la même que celle diffusée en live sur la place de la Bastille, s’écoute dans un volume assourdissant.

"On est partis de si loin…"

Dans la grande pièce, il y a notamment là Faouzi Lamdaoui, homme lige de François Hollande depuis de nombreuses années, et chef de cabinet de sa campagne présidentielle de 2012. Quelques minutes plus tôt, il avait les larmes aux yeux en écoutant "François" s’adresser à Paris et à la France sur la scène Bastillaise. "On est partis de si loin" entame-t-il, "nous étions à 2%, nous étions une poignée de fidèles."

Stéphane Le Foll, un autre Hollandais historique à qui L’Express demande s’il y avait trop de monde sur la tribune, glisse au moment de venir féliciter Hollande et s’afficher avec lui rétorque: "Il y a toujours trop de monde sur les tribunes".
Des considérations étrangères à l’actrice Sandrine Bonnaire, qui fume cigarette sur cigarette à l’extérieur de la tente. Le proche de François Bayrou et ancien Vert Jean-Luc Bennahmias s’en grille une aussi.

La décision de Bayrou de voter Hollande a fait la différence

"Oui, je le vis comme une victoire!" assume l’élu MoDem, qui s’explique: "Il est évident que la décision de Bayrou de voter Hollande a fait la différence. Tout le monde me l’a dit ce soir. Et celui qui me l’a peut-être plus dit, c’est Pierre Moscovici". A savoir, le directeur de campagne du président. Bennahmias espère-t-il un ministère?
L’intéressé, forcément, ne refuserait pas, même si son domaine de prédilection lui semble déjà préempté: "C’est le sport qui m’intéresse, mais c’est déjà pris par Valérie Fourneyron, maire de Rouen".
Retour à l’intérieur de la tente. Accoudé à un comptoir, le comédien Denis Podalydès tient son casque dans la main et un peu de perdition dans le fond du regard. Il est là ce soir dans la continuité d’un déjeuner partagé en 2007 avec la possible future ministre de la Culture, Aurélie Filippetti. Il est là ce soir en "homme de gauche".

"Un homme d’Etat retiré du bruit du monde"

Celui qui a interprété Nicolas Sarkozy dans le célèbre film La Conquête accepte de se projeter dans ce que doit être l’état d’esprit de son personnage, à cette heure avancée de la nuit: "Il est sorti du rôle, il vivait un peu ça comme un acteur. J’ai le sentiment qu’il est soulagé. Soulagé qu’il n’y ait plus cette haine autour de lui. Il va sans doute transformer ça dans une posture romantique, très subtilement. Un homme d’Etat retiré du bruit du monde".

Maintenant que Hollande est passé, tout le monde va vouloir se montrer avec lui!

1h35 du matin. Dans une gigantesque bousculade de chaises en plastique renversées et broyées par le poids de quelques photographes et cameramen, François Hollande et Valérie Trierweiler quittent l’endroit. Telle une réplique sismique, on entend la foule crier sur leur passage quelques minutes plus tard.
Emmanuelle Béart, elle, reste là, à fumer. Yannick Noah et le rappeur Mokobé ne fument pas: ils boivent. Les deux fêtards animent l’une des loges, une enceinte d’iPhone posée sur une table, diffusant la musique du deuxième nommé. "Maintenant que Hollande est passé, tout le monde va vouloir se montrer avec lui, tacle Mokobé. Mais fallait être là avant!"
Quelques minutes plus tard, le chanteur Cali passe une tête, tandis que Jacques Higelin glisse dans le couloir. Peu avant deux heures du matin, la musique de l’iPhone de Mokobé se coupe. Yannick Noah hurle: "Mais qu’est-ce qui se passe avec le son, là!?"

lexpress.fr

Tue, 08 May 2012 13:32:00 +0200

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