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    La Liberté d'Informer

    Des pro-Gbagbo devant la Cour d’Assises Anaky, Appiah et Joël N’Guessan se prononcent

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Nov 20, 2021

    Kobena Anaky (Pdt du Mfa)
    « Ce n’est pas le big bang politique auquel le peuple aspire »

    Le Mouvement des Forces d’Avenir (MFA) apprend ce jour que près de 84 cadres politiques, proches de l’ex Chef d’Etat Laurent Gbagbo, seront jugés en assises pour « atteinte à la sureté de l’Etat, génocide, infractions économiques et crimes de sang »
    La réconciliation est un tout ; ou l’on estime qu’elle s’impose pour la paix, l’harmonie et le développement du pays, et on y adhère alors totalement, en prenant les décisions politiques d’exception qui vont y conduire, ou alors, l’on estime que la Côte d’Ivoire est retombée dans un stade normal où la grave crise post-électorale n’est plus qu’un simple épisode, presque un fait divers du passé, qui ne relève que du droit commun et de la justice ordinaire. La réconciliation est aujourd’hui un impératif aussi pressant que le redressement de l’économie, (…). Elle devient un enjeu national, et l’un des premiers piliers de l’intérêt national aujourd’hui. Il est grand temps que le Chef de l’Etat se décide, s’informe largement et prenne en compte ce qui est la vox populi en Côte d’Ivoire, 30 mois après sa prise du pouvoir. Les Ivoiriens ne « cherchent plus palabre » ou des poux dans les cheveux de leur voisin ; ils ont tous eu des enfants, parents et amis massacrés ou morts d’une manière atroce depuis que notre pays est tombé en zone de turbulence, en 2002, jusqu’au final de cette crise, au premier semestre 2011. Ils ont déjà décidé de tracer un trait sur ce passé douloureux, d’aller de l’avant et de revivre, vivre ensemble ; Il s’ensuit donc que un opéra interminable avec les scènes de Gbagbo à la Haye, de Simone, Affi, Michel Gbagbo et de nombreux autres en détention éclatée en Côte d’Ivoire, et enfin les exilés en Afrique et ailleurs qui craignent de retourner au pays. Tout cet ensemble les indispose plus qu’autre chose. Prendre la décision d’organiser des assises, ce qui peut supposer de nombreux mois avant le procès, n’est pas le grand big bang politique et social auquel le peuple aspire en silence. Que le Chef de l’État veuille bien en tenir compte.

    Kabran Appiah (Pdt Mouvement alternative citoyenne) :
    «  la Justice dans des conditions politiciennes est pire que la dictature »

    La Justice telle qu’elle a été mise en place, moi je reste persuadé que ces poursuites sont politiques. Elles ne reflètent pas l’idée qu’on se fait idéalement d’une Justice dans une République. Seuls quelques uns sont poursuivis, comme par hasard tous ceux qui sont poursuivis ont une qualité politique. C’est un procès politique. Je ne suis pas sûr, en tant que juriste, que la Justice a beaucoup de prestige à retirer de toute cette procédure. Mon parti a préconisé l’amnistie, le premier à l’avoir dit, pas parce que je souhaite l’impunité, mais parce que la Justice qui fonctionne dans des conditions politiciennes est pire que la dictature. Car elle sert de caution à ceux dont la répression est l’intention. Dans ces conditions-là, il n’y a pas de justice qui vaille, puisque le rôle de la Justice est de restaurer le crédit républicain. Mais d’après vous, quel que soit le résultat, on ira où ? Quel sentiment de République on pourra avoir à l’issue de tout ça. De façon persistance, il n’y a que les uns qui sont poursuivis, pendant que les autres sont assurés de l’impunité 

    Joël Nguessan ( porte-parole du Rdr) 
    « Il faut que la Justice fasse son travail jusqu’au bout »

    C’est une affaire qui relève purement de la Justice. Si les juges estiment qu’ils doivent être traduit devant la Cour d’Assises, c’est qu’ils ont suffisamment d’éléments. On ne fait que suivre ce que la Justice va faire. On prend donc acte de cette décision.  Vous savez, réconciliation sans justice permet de recommencer les mêmes choses. Il faut donc que la Justice fasse son travail jusqu’au bout. Et puis la Cour d’Assises est composée de personnes qui sauront apprécier si oui ou non il faut les condamner (…). On parle d’amnistie générale, mais dans quel sens ? Amnistier des gens qui ont commis des crimes, c’est donner la possibilité aux autres de commettre les mêmes crimes. Au Rdr, nous estimons que l’amnistie n’a pas de sens. Quand il y a eu la rébellion et que le président Gbagbo a pris des lois d’amnistie, cela ne nous a pas empêché de faire la guerre. Il faudrait maintenant que quand quelqu’un commet un crime économique ou de sang, qu’il soit traduit devant la Justice et paye pour les actes commis. On a traduit des gens devant la Justice, après on pourrait leur accorder le pardon, sinon ce serait un éternel recommencement. En tous cas, plus d’impunité ! 
    Propos recueillis par

    A. BOUABRE in 

Soir Info

    Sat, 13 Jul 2013 03:44:00 +0200

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