novembre 30, 2022

Éducation et TIC : à l’écoute des Lycées de la Côte d’Ivoire

De ces échanges que nous avons eus avec les acteurs de l’école Ivoirienne, nous pouvons retenir que le monde des lycées (les membres de l’administration scolaire, personnel enseignant et d’encadrement, les apprenants) se sent frustré à l’idée de ne pas pouvoir avoir accès aux TIC dans leurs établissements, alors qu’ils les côtoient à longueur de journée à la maison ou dans le quartier. Cette situation donne l’impression d’une fracture entre l’environnement de vie des acteurs et celui du lycée. Cette fracture semble mal vécue par certains apprenants, d’autant plus que ceux-ci se voient souvent refuser, par certaines administrations, l’exploitation en classe de ressources éducatives prises sur Internet.

Pour faire face à ces frustrations, l’on note de la part du ministère de l’Éducation nationale, des proviseurs des lycées et des politiques des intentions de projet d’équipement en matériels informatiques. Ainsi, il a été fait cas du projet initié par le ministère pour l’équipement en ordinateurs portables des personnels enseignants et d’encadrement de la vie scolaire des écoles publiques de Côte d’Ivoire. Le proviseur d’un des lycées a dit que son projet d’école pour la rentrée scolaire 2012-2013 sera l’équipement d’une salle informatique. Si ces projets sont à saluer, il faut tout de même qu’ils soient accompagnés de projets de formation des apprenants, des enseignants et des membres de l’administration scolaire à une utilisation efficace de ces technologies dans la pratique éducative.

A l’idée de l’intégration des TIC, des parents d’apprenants ont exprimé des inquiétudes sur le fait que cette intégration ne soit pas une source de discrimination ou de fracture éducative entre les apprenants des grandes villes qui auront un accès aux TIC, donc des contenus éducatifs de qualité, et ceux des villages qui n’auront pas accès aux TIC. Par ailleurs, l’accès aux sites internet peu recommandables par les apprenants a été mentionné par ces derniers comme une autre source d’inquiétude.

Les questions de la cybercriminalité, du plagiat et de la tricherie à l’ère des TIC semblent être des préoccupations majeures, aussi bien chez les membres de l’administration scolaire que chez des parents d’apprenants et même chez des apprenants. En effet, au cours de chacune des conférences, nous avons surtout eu à débattre longuement de la question de la cybercriminalité avec ces acteurs du système éducatif qui semblent, il faut le dire, préoccupés par les questions de « brouttage ».

Pour dissiper leurs inquiétudes, il nous semble opportun que dans le cadre de la mise en œuvre du projet e-education, le gouvernement surtout les ministères techniques (Poste et TIC, Education nationale, Enseignement technique, Enseignement supérieur et Recherche scientifique et Intérieur) organisent des séances d’information et de sensibilisation. Ces séances devront porter sur les infrastructures que l’Etat est en train de mettre en place dans le cadre du projet e-education. Elles doivent aussi porter sur des questions de cybercriminalités et sur les dispositions prises par le gouvernement pour combattre ce phénomène dans notre pays. Ceci pourrait dissuader des élèves de nos Lycées qui souvent mal orientés et mal influencés peuvent être de potentiels brouetteurs.

De ces deux conférences, nous pouvons dire qu’à l’écoute de ces deux lycées de Côte d’Ivoire, les attentes des parents d’apprenants, des apprenants, des enseignants, des personnels d’encadrement et des administrations scolaires sont grandes pour ce qui concerne l’intégration des TIC dans l’éducation. Pour ces acteurs, l’intégration des TIC en éducation pour éviter la fracture entre la société et l’école ne devra pas accentuer la « fracture éducative » entre les villes et les villages.

Bi Séhi Antoine MIAN, Ph.D.

Enseignant-Chercheur à l’ENS d’Abidjan

Spécialiste des TIC en éducation et formation

Wed, 30 May 2012 19:02:00 +0200

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