
C’est le Rwanda qui, le premier, a montré l’exemple, en devenant, en 2007, le premier pays africain, voire du monde, à interdire les sacs en plastique sur l’ensemble de son territoire, et en faisant strictement respecter sa décision. Les passagers qui débarquent à l’aéroport de Kigali doivent d’ailleurs s’attendre à se faire confisquer leurs sachets en plastique, qu’on leur échange contre des sacs fabriqués localement en matières biodégradables.
L’Afrique du Sud, le Rwanda, le Mali, la Somalie, l’Erythrée, l’Ouganda, la Tanzanie, le Gabon, le Kenya, le Congo, ont suivi le mouvement. D’autres pays, sans l’interdire complètement, mènent d’importantes actions de sensibilisation et de lutte contre la prolifération des petits sachets, souvent utilisés une seule fois, avant d’être lâchés dans la nature et de mettre entre 150 et 400 ans avant de se dégrader.
C’est le cas du Burkina Faso, dont les autorités ont organisé fin novembre 2011 à Ouagadougou un concours intitulé « Zéro sachet plastique ». En l’espace d’une semaine, plus de 7000 Ouagalais, parmi lesquels plus de 80% de femmes ( !) ont ramassé 350 tonnes de déchets plastiques dans les cinq arrondissements de la capitale. Chaque kilo de plastique était acheté à 75 francs CFA par la ville. En janvier 2012, le premier prix d’un montant de 2’500’000 francs CFA avait été remis à l’arrondissement de Bogodogo qui avait collecté plus de 90 tonnes de plastique. Cette masse,une fois recyclée, entre dans la fabrication de chaises, de seaux et d’ustensiles de cuisine. Tandis qu’à Madagascar, un projet mené par l’ONG française Gevalor recycle les sacs en plastique dans la fabrication de pavés.
La décision prise par la Mauritanie et le Mali d’interdire les sachets en plastique dès le 1er janvier 2013 suscite des réactions dans les pays de la sous-région. Ainsi, le 4 janvier, sur le site Seneweb, un internaute demandait ce qu’attendent les autorités sénégalaises pour emboîter le pas à leurs homologues maliens et mauritaniens, estimant « qu’elles ne semblent pour l’instant pas trop emballées ni par une taxation ni par le recyclage de ces sacs plastiques », même si à Dakar, Thiès ou Touba, ils polluent l’environnement de la population.
Du coup m’est revenue à l’esprit cette vision apocalyptique de la capitale tchadienne N’Djamena où j’avais passé quelques jours : des arbustes auxquels s’accrochaient à perte de vue des sachets en plastique noirs, tels de sinistres corbeaux, ou encore stratifiés dans la terre des rues, étouffant les champs, emportés par les pluies et les eaux de ruissellement jusque dans le fleuve Chari, lequel se jette dans le lac Tchad, dont le fond serait, dit-on, tapissé de plastiques noirs…
Catherine Morand
Thu, 17 Jan 2013 14:06:00 +0100
