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    La Liberté d'Informer

    Maintenant qu’il est acquis qu’en Côte d’Ivoire règne une dictature…

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Nov 20, 2021

    Désormais, il n’est plus objectivement possible de défendre le contraire, à moins d’assumer sa mauvaise foi et son soutien ouvert à une satrapie tropicale : le régime d’Alassane Ouattara, en Côte d’Ivoire, est bel et bien une dictature au sens classique du terme. Ce que le «récit national» avait déjà acté depuis le 11 avril 2011 et la «grande terreur» occultée à l’étranger, des organisations de défense des droits de l’Homme occidentales le confirment désormais. En Côte d’Ivoire, on torture, en se servant des méthodes héritées de la guerre d’Algérie. En Côte d’Ivoire, il existe des camps d’emprisonnement illégaux où de pauvres hères sont maltraités pendant des mois, sans contact avec des familles qui les cherchent en vain. En Côte d’Ivoire, ce qui fait office d’armée régulière a attaqué un camp de déplacés et tué des innocents en toute impunité, la justice ayant attendu des mois pour «rechercher» deux exécutants d’importance secondaire… qui ont eu, bien entendu, le temps de s’échapper. En Côte d’Ivoire, un chef de guerre pro-Ouattara comme Fofié Kouakou peut empêcher le juge Patrick Ramaël, qui enquête sur une affaire Guy-André Kieffer, qui est censé éclabousser…les pro-Gbagbo. Il faut d’abord remarquer que ce qui ressemble à un tir groupé de dénonciations tous azimuts Amnesty International, FIDH, ONUCI, etc… est également le signe d’un conformisme assez préoccupant. L’observateur a comme l’impression qu’un certain nombre de groupes de pression et de médias dits «internationaux» attendent comme un mystérieux signal venu d’on ne sait où pour dire et écrire ce que tout le monde savait depuis un moment. Pourquoi, alors que la presse ivoirienne Le Nouveau Courrier en tête dénonce depuis des longs mois, photos et patronymes authentiques à l’appui, les pratiques de torture du régime (qui ont été fatales au policier Serge Hervé Kribié, par exemple), les nombreux journalistes étrangers qui se trouvent à Abidjan n’ont-ils même pas essayé d’enquêter sur la question ? Pourquoi les «scoops» et les «fuites» de la presse française sur la Côte d’Ivoire sont-ils si unilatéralement centrés sur ceux que l’on appelle «les pro-Gbagbo» alors qu’ils sont dans le creux de l’Histoire et que l’arbitraire règne plus que jamais au pays des Eléphants ?
    On en vient forcément à un constat. Tant que les médias et les politiques occidentaux décident de «minimiser» les révélations des organisations internationales de défense des droits de l’Homme, qui sont elles-mêmes traversées de contradictions et sous l’emprise de leurs financiers, les dictateurs peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Quand Laurent Gbagbo était au pouvoir, toute dérive réelle ou supposée de son armée ou de son staff politique était directement reliée à lui. Les beaux esprits s’interrogeaient sur son rôle dans ces dérives, sur ce qui restait de sa «crédibilité» et de sa «légitimité» dans un tel contexte. Aujourd’hui, la «bulle explicative» tourne autour du pot et érige en tabou absolu la mise en cause directe d’Alassane Ouattara dans les exactions que l’on peut pourtant relier directement à des personnes dont le «grand chef» fait directement la promotion. Et c’est cette «timidité» qui confine à l’hypocrisie qui permet au «cercle des politiques» occidentaux de refuser obstinément de tirer les conséquences «naturelles» de «l’infréquentabilité» désormais avérée du régime Ouattara. Dans ce contexte, il revient aux authentiques forces de progrès en Afrique et en Europe de poser les questions qui fâchent. La France, qui se targue de défendre la démocratie partout dans le monde, y compris par les missiles et les bombes, peut-elle continuer de former les officiers quasi-analphabètes d’une armée de tortionnaires ? Jusqu’à quand le président de la Commission européenne José Manuel Barroso pourra-t-il venir à Abidjan chanter les louanges de Ouattara en toute immoralité et en toute impunité ? Quelle puissance occidentale fournit à Abidjan les systèmes d’écoutes téléphoniques et les autres technologies qui sont, forcément, mises au service des violations des droits les plus élémentaires de la personne humaine ? La France de François Hollande ratifiera-t-elle le nouvel accord de Défense concocté en catimini par le couple «ouattarakozy» ? La Côte d’Ivoire est plus que jamais un pays-test pour la diplomatie hexagonale.

    Par Théophile Kouamouo

    Tue, 06 Nov 2012 09:38:00 +0100

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